Tag(s): USA 2008, Immigration

Obama-Clinton: quelle politique d’immigration?

23/02/2008 | déjà un commentaire

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Les Etats-Unis sont une terre d’immigration. Certes. Mais, aujourd’hui, avec environ 12 millions d’immigrés clandestins (les estimations varient en fait de 8 à 20 millions!), le sujet devient clairement un enjeu de campagne. L’accroissement de la population hispanique ne va pas sans poser de problèmes…

Un organisme très conservateur, USBC (pour un contrôle absolu des frontières) a mis en place une grille de notation pour les différents candidats: Hillary Clinton et Barack Obama obtiennent un score de 8% (et John McCain, un score de 18%). A comparer avec le score de Ron Paul (83%), qui fait figure de champion de la lutte contre l’immigration.

Les deux candidats démocrates sont donc perçus comme très ouverts sur ce sujet. Et leurs programmes sont finalement très similaires…

Hillary Clinton milite ainsi pour une réforme globale de la politique d’immigration des Etats-Unis. Ce projet qui est, selon elle, une de ses "priorités absolues", s’articule autour des idées suivantes:

  • Le renforcement de la sécurité aux frontières (la construction du fameux "mur" à la frontière américano-mexicaine),
  • La coopération trans-frontalière,
  • Une application stricte des lois sur l’immigration, mais dans le respect du droit des familles,
  • L’appui du gouvernement fédéral aux Etats,
  • Un renforcement des peines pour les employeurs de main d’oeuvre clandestine,
  • Une régularisation des immigrés déjà installés et ayant un travail .

Hillary Clinton précise qu’elle est opposée au programme de "guest workers" (une sorte d’immigration choisie à l’Américaine). Elle avait pourtant voté en faveur de ce projet en 2006; mais a apporté son vote à un amendement visant à retirer le visa "Y" (guest-worker) de la loi en mai 2007… Ah, les subtilités de travail parlementaire aux Etats-Unis!

Concernant la langue, elle s’est opposée à un projet de loi visant à faire de l’anglais la langue officielle des Etats-Unis; mais a soutenu un projet de loi prévoyant des aides accrues pour l’apprentissage de l’anglais.

Elle s’est également prononcée en faveur de l’extension de l’assurance-maladie (MedicAid) aux immigrés en situation irrégulière. 

Enfin, elle soutien fermement le DREAM Act, loi qui permet notamment (mais pas seulement) aux immigrés d’obtenir la nationalité américaine en échange d’une incorporation dans l’US Army…

 

Barack Obama a, comme il se doit, également un plan pour réformer la politique d’immigration: 

  • Sécuriser les frontières (également favorable au "mur" de séparation avec le Mexique),
  • Améliorer le système d’immigration: lutter contre les tracasseries administratives, augmenter le nombre d’immigrés légaux (donc: mesure de régularisation), préserver les liens familiaux et pourvoir à la demande de main d’oeuvre non satisfaite.
  • Limiter les incitations à l’entrée illégale sur le territoire: accroissement des sanctions contre les employeurs ayant recours à une main d’oeuvre clandestine,
  • Sortir les immigrés de la clandestinité: régularisation des travailleurs clandestins et possibilité pour eux de devenir, à terme, citoyens américains,
  • Travailler avec le Mexique pour favoriser le développement économique de ce pays.

Barack Obama, dans ses votes au Sénat, rejoint les positions de Hillary Clinton: contre l’anglais-langue officielle mais pour des incitations à apprendre l’anglais; pour le DREAM Act; pour l’accession à la citoyenneté pour les clandestins régularisés; pour le regroupement familial…

Sa singularité réside dans le fait d’avoir des propositions précises contre les tracasseries administratives auxquelles font face les immigrés. Il souhaite également que les frais de dossier pour l’accession à la nationalité soient plus raisonnables.

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme! 

Photo: Thomas Hawk sur Flickr 



Tag(s): Irak, USA 2008

Obama-Clinton: mettre fin à la guerre en Irak

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Contrairement à leur (probable) concurrent John McCain [voir mon aricle: "McCain, un RINO à la maison blanche"], Barack Obama et Hillary Clinton militent de conserve pour un retrait immédiat des troupes américaines d’Irak…

Barack Obama, qui s’est toujours déclaré contre l’intervention militaire des Etats-Unis en Irak, annonce vouloir commencer à retirer les troupes US dès son élection. Il souhaite enlever une à deux brigades de combat chaque mois et, ainsi, opérer un retrait total sur une période de 16 mois. Il précise également qu’il ne souhaite pas établir une base militaire permanente en Irak et, donc, que la présence militaire américaine, après cette période transitoire de 16 mois, devrait se limiter à "quelques troupes" en charge de la sécurité des diplomates.

Il précise toutefois qu’il souhaite maintenir une présence militaire américaine dans la région pour pouvoir, le cas échéant, opérer des frappes ciblées sur d’éventuelles base d’Al Qaïda…

Il compte sur le gouvernement irakien pour assurer la sécurité du pays après le retrait des troupes américaines. Il envisage de redonner un rôle central à l’ONU pour aider les Irakiens à rétablir la stabilité de leur pays. Il estime que la solution au problème irakien s’inscrit également dans une implication de tous les Etats de la région: il prévoit, de ce fait, de rétablir le dialogue avec la Syrie et l’Iran.
 
Hillary Clinton part avec un handicap certain sur ce sujet puisqu’elle avait approuvé et voté en faveur de l’intervention américaine.
 
Pour elle, la bonne stratégie consiste aussi à "commencer à ramener les troupes maintenant".
 
Son plan, en trois points:
 
1. Ramener les troupes: elle s’engage à demander, dans les deux mois après son entrée en fonction, un rapport circonstancié aux plus hautes autorités militaires pour organiser le retour des troupes. Notons que, contrairement à Barack Obama, Hillary Clinton reste vague sur les modalités du retrait et ne s’engage par sur une date de retour.
 
2. Stabiliser l’Irak: Hillary Clinton prévoit une ré-orientation de l’aide américaine vers la société irakienne elle-même plutôt que sur des aides au gouvernement irakien.  Pendant cette période de "stabilisation", elle envisage de demander à l’ONU de nommer un Haut-Représentant en Irak (sur le modèle du Kosovo).
 
3. Reconstruire: l’ancienne first-lady prévoit la convocation d’une grande conférence internationale réunissant les principales puissances mondiales ainsi que tous les pays de la région pour reconstruire l’Irak suivant trois principes: non-ingérence, médiation entre les diverses parties et financement de la reconstruction.
 
–> Obama-Clinton: demandez le programme! 
 
Photo: Jayel Aheram sur Flickr
 


Tag(s): USA 2008, Environnement

Obama-Clinton: et l’environnement?

stop global warming 

Par rapport aux Républicains, Barack Obama et Hillary Clinton sont en pointe sur les questions environnementales. Tout deux ont intégré dans leurs discours et dans leur programme des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. On n’en attendait pas moins des candidats du parti de Al Gore

La "League of conservation Voters", organisation de défense de l’environnement, a établi un guide de vote pour ces élections: les candidats sont notés et classés non seulement en fonction de leurs déclarations et de leur programme, mais aussi en fonction de leurs votes passés. Ainsi, Barack Obama obtient une note globale de 96 et Hillary Clinton une note de 90 (à comparer avec le score de 26 obtenu par John McCain).

Leurs propositions sur ce sujet sont quasiment identitques et reprennent presque mot pour mot les préconisations de la "League of conservation Voters". On notera toutefois que Barack Obama va parfois plus loin que Hillary Clinton, proposant des objectifs plus ambitieux en termes de réduction de gaz à effet de serre ou encore de réduction de la consommation des voitures.

Finalement, la seule véritable opposition entre les deux concurrents démocrates sur ce sujet n’apparait pas dans leurs programmes… Ils ont eu dans le passé des positions divergentes sur l’extension des zone de forage pétrolier: Obama s’y est toujours opposé tandis que Clinton a toujours voté en leur faveur…

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme! 



Tag(s): Société, USA 2008

Obama-Clinton: les débats de société

 

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Contrairement à la vieille Europe où l’époque des grands débats de société semble dépassé, aux Etats-Unis, les thèmes comme la peine de mort, les ventes d’armes ou l’avortement continuent d’opposer de manière virulente (et parfois violente) les pour et les contre. Pourtant, ces sujets sont quasiment absents de la campagne des deux concurrents démocrates. Qui évitent sans doute de risquer de sa facher avec qui que ce soit… Sujets brulants.

Peine de mort

Barack Obama expliquait dans un article du Washington Post de février 2007, que la peine de mort "fait peu pour prévenir le crime". Il ajoutait toutefois qu’il était favorable à la peine capitale pour les actes les plus haineux.

Hillary Clinton ne fait pas plus référence au débat sur la peine de mort sur son site de campagne. Néanmoins, lors de sa campagne de 2000 pour le Sénat, elle avait exprimé publiquement qu’elle était favorable à la peine capitale (New-York Times - février 2000).

 

Mariage homosexuel

Les deux candidats démocrates se disent opposés au mariage homosexuel, mais favorables à un contrat d’union civile.

Toutefois, ils s’opposent sur la loi DOMA (Defense of Marriage Act): selon cette loi, adoptée en 1996, le gouvernement fédéral ne reconnaît pas les mariages homosexuels célébrés dans les Etats qui les autorisent. Ainsi, par exemple, les homosexuels légalement mariés au Massachusetts (où le same-sex marriage est entré dans la loi en 2002) seront toujours considérés comme célibataires par l’Etat fédéral et ses diverses administrations (entre autres, le fisc). Selon cette même loi, les Etats sont libres de ne pas reconnaître ces unions. Impossible donc pour un couple gay du Colorado d’aller se marier à Boston  dans l’espoir de bénéficier des avantages du mariage tout en restant vivre à Denver.

Pour Barack Obama, c’est simple: il faut revenir sur cette loi. Le mariage homosexuel célébré par un Etat s’imposerait donc en droit à l’ensemble des autres Etats.

Pour Hillary Clinton, il convient seulement d’amender la loi afin d’assurer une reconnaissance des unions homosexuelles au niveau fédéral tout en laissant la liberté aux Etats de les reconnaître ou non. Les couples homosexuels seraient donc reconnus notamment par le fisc au niveau fédéral; mais n’auraient pas gagné la reconnaissance de leurs droits par les Etats opposés au mariage gay.
 

Contôle des armes à feu
 

Pas de référence au "gun control" (lois restreignant l’achat des armes à feu) sur le site de Hillary Clinton. Toutefois, elle s’est plusieurs fois exprimée dans le passé pour une restriction sur les ventes d’armes et a voté en ce sens des lois (timides) au Sénat.

Barack Obama se déclare également un farouche opposant aux armes à feu. Jugez vous même: il propose que l’on ne puisse pas vendre plus d’une arme à feu par mois à une même personne… Révolutionnaire, non? Et , par ailleurs, il déclarait en décembre 2007 (au Weekly Standard) que "la tradition de posséder une arme dans ce pays doit être respectée". (Moi, je vous l’dis, y sont pas sortis de l’auberge!).

 

Avortement

L’avortement est de ces grands sujets de société qui divise profondément l’Amérique. Barack Obama et Hillary Clinton sont, comme il se doit pour des Démocrates, favorables à la défense du droit à l’avortement. Toutefois, il convient de noter, une nouvelle fois, que ni l’un ni l’autre ne font allusion à ce problème sur leur site de campagne…

Aux Etats-Unis, depuis 1973 et la décision de la Cour Suprême sur le cas Roe vs. Wade, l’avortement est légal. Les Etats ne peuvent s’opposer en aucune manière aux avortements intervenant lors du premier trimestre de la grossesse; ils peuvent encadrer légalement (sans les interdire) les avortements lors du deuxième trimestre; en revanche, ils peuvent interdire (et, en général le font) les avortements lors du troisième trimestre de grossesse.

Un point de divergence toutefois entre les deux candidats… Sur la question des "partial-birth abortions", ou des avortements de fin de grossesse (0,17% des cas d’avortements aux Etats-Unis mais 99,9% des débats sur le sujet en ce moment).

Tous deux se sont opposés à la "Partial-birth Abortion Act" de 2003, cette loi aboutissant à une restriction des droits à l’avortement y compris au cours du deuxième trimestre (ce qui correspond donc, pour les militants pro-choice, à un retour en arrière par rapport à l’arrêt Roe vs. Wade de 1973).

Toutefois, les deux concurrents expliquent leur vote de manière différente: Barack Obama s’y est opposé pour éviter toute remise en cause du droit à l’avortement (notamment dans le courant du deuxième trimestre).

Hillary Clinton, quant à elle, justifie son vote négatif uniquement parce que cette loi ne prévoyait pas d’exceptions. Pour certains militants pro-choice, elle aurait donc admis implicitement une remise en cause partielle des droits à l’avortement… (pour ma part, j’ai tendance à penser que ses opposants au sein du parti démocrate lui cherchent des poux dans la tête sur cette affaire…).

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme!