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Obama-Clinton: les débats de société
Peine de mort
Barack Obama expliquait dans un article du Washington Post de février 2007, que la peine de mort "fait peu pour prévenir le crime". Il ajoutait toutefois qu’il était favorable à la peine capitale pour les actes les plus haineux.
Hillary Clinton ne fait pas plus référence au débat sur la peine de mort sur son site de campagne. Néanmoins, lors de sa campagne de 2000 pour le Sénat, elle avait exprimé publiquement qu’elle était favorable à la peine capitale (New-York Times - février 2000).
Mariage homosexuel
Les deux candidats démocrates se disent opposés au mariage homosexuel, mais favorables à un contrat d’union civile.
Toutefois, ils s’opposent sur la loi DOMA (Defense of Marriage Act): selon cette loi, adoptée en 1996, le gouvernement fédéral ne reconnaît pas les mariages homosexuels célébrés dans les Etats qui les autorisent. Ainsi, par exemple, les homosexuels légalement mariés au Massachusetts (où le same-sex marriage est entré dans la loi en 2002) seront toujours considérés comme célibataires par l’Etat fédéral et ses diverses administrations (entre autres, le fisc). Selon cette même loi, les Etats sont libres de ne pas reconnaître ces unions. Impossible donc pour un couple gay du Colorado d’aller se marier à Boston dans l’espoir de bénéficier des avantages du mariage tout en restant vivre à Denver.
Pour Barack Obama, c’est simple: il faut revenir sur cette loi. Le mariage homosexuel célébré par un Etat s’imposerait donc en droit à l’ensemble des autres Etats.
Pour Hillary Clinton, il convient seulement d’amender la loi afin d’assurer une reconnaissance des unions homosexuelles au niveau fédéral tout en laissant la liberté aux Etats de les reconnaître ou non. Les couples homosexuels seraient donc reconnus notamment par le fisc au niveau fédéral; mais n’auraient pas gagné la reconnaissance de leurs droits par les Etats opposés au mariage gay.
Pas de référence au "gun control" (lois restreignant l’achat des armes à feu) sur le site de Hillary Clinton. Toutefois, elle s’est plusieurs fois exprimée dans le passé pour une restriction sur les ventes d’armes et a voté en ce sens des lois (timides) au Sénat.
L’avortement est de ces grands sujets de société qui divise profondément l’Amérique. Barack Obama et Hillary Clinton sont, comme il se doit pour des Démocrates, favorables à la défense du droit à l’avortement. Toutefois, il convient de noter, une nouvelle fois, que ni l’un ni l’autre ne font allusion à ce problème sur leur site de campagne…
Aux Etats-Unis, depuis 1973 et la décision de la Cour Suprême sur le cas Roe vs. Wade, l’avortement est légal. Les Etats ne peuvent s’opposer en aucune manière aux avortements intervenant lors du premier trimestre de la grossesse; ils peuvent encadrer légalement (sans les interdire) les avortements lors du deuxième trimestre; en revanche, ils peuvent interdire (et, en général le font) les avortements lors du troisième trimestre de grossesse.
Un point de divergence toutefois entre les deux candidats… Sur la question des "partial-birth abortions", ou des avortements de fin de grossesse (0,17% des cas d’avortements aux Etats-Unis mais 99,9% des débats sur le sujet en ce moment).
Tous deux se sont opposés à la "Partial-birth Abortion Act" de 2003, cette loi aboutissant à une restriction des droits à l’avortement y compris au cours du deuxième trimestre (ce qui correspond donc, pour les militants pro-choice, à un retour en arrière par rapport à l’arrêt Roe vs. Wade de 1973).
Toutefois, les deux concurrents expliquent leur vote de manière différente: Barack Obama s’y est opposé pour éviter toute remise en cause du droit à l’avortement (notamment dans le courant du deuxième trimestre).
Hillary Clinton, quant à elle, justifie son vote négatif uniquement parce que cette loi ne prévoyait pas d’exceptions. Pour certains militants pro-choice, elle aurait donc admis implicitement une remise en cause partielle des droits à l’avortement… (pour ma part, j’ai tendance à penser que ses opposants au sein du parti démocrate lui cherchent des poux dans la tête sur cette affaire…).







