Tag(s): MoDem, Projet démocrate, Bayrou

Petit MoDem deviendra grand.

16/03/2008 | 6 Commentaires

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Alors, enterré le Mouvement Démocrate?

François Bayrou ne réussit pas son pari à Pau. On se gausse. Ce soir, à nouveau, on moque le Mouvement Démocrate. A droite. Et à gauche. Mais à travers lui, ce sont les aspirations de ses électeurs que l’on moque. On ferait mieux de les écouter.

Il faut dire que les résultats du MoDem ne sont pas bons. Tactique illisible. Mais pouvait-on faire autrement? Le scrutin électoral municipal ne se prête guère à un positionnement différent de celui du traditionnel droite-gauche. On le savait. Il faut faire le dos rond dans ces cas là.
Le MoDem, dans ces élections, c’était un peu un "optimist" qui se présente au départ de la course de l’América: face aux "classe A", on a beau être plus agile à la manoeuvre, on manque un peu de surface de voile…
Alors, enterré le Mouvement Démocrate? J’attends avec impatience les analyses de demain prédisant la fin de l’aventure "centriste", le retour à la "bipolarisation de la vie politique française".


 
Un projet porteur
 

Pourtant, bien au contraire, il me semble qu’à compter d’aujourd’hui, le MoDem est promis à un bel avenir…
Tout d’abord, parce que le message porté par François Bayrou à la présidentielle est toujours d’actualité. Je dirais même que, face à l’action du gouvernement, cette actualité est de plus en plus criante.
Le MoDem est porteur d’un projet réellement original  et en phase avec les attentes de nombreux  Français. Les grandes lignes de ce projet sont connues. La feuille de route, c’est cet excellent article de François Bayrou à la revue Commentaires: "du centre au projet démocrate". 
 
C’est en tout cas mon MoDem,

- un mouvement dont la démocratie est la valeur première (redonner son rôle au Parlement, établir des contre-pouvoirs, redonner le contrôle de la politique aux citoyens),

- un mouvement fondamentalement décentralisateur, où l’Etat s’appuie sur les "corps intermédiaires" et n’essaye pas de tout organiser,

- un mouvement ouvertment favorable à l’économie de marché et à la concurrence mais qui rejette les connivences entre le pouvoir politique et les pouvoirs économiques.
- un mouvement enfin qui place l’homme au coeur de ses préoccupations: il ne s’agit pas seulement de gérer plus ou moins bien le pays, de scruter les indicateurs économiques, la croissance, le commerce extérieur, le taux de chômage et l’inflation; mais bien de gérer le pays pour le bien de ses habitants. Cette évidence a depuis longtemps été perdue de vue. Le "développement durable" et le "social" ne sont pas des éléments de l’action politique: ils en constituent le but ultime; ils guident l’action.

 

Si le MoDem, ce n’est pas ça, dites le moi tout de suite. Si le MoDem, c’est juste faire travailler ensemble les "meilleurs", ça ne m’intéresse pas: nous ne sommes pas là pour distribuer les bons points mais pour défendre nos idées. Que celles-ci rencontrent l’adhésion populaire et, instantanément, les bonnes volontés de droite et de gauche viendront y contribuer.

Quant à savoir si nous sommes de centre-droit ou de centre-gauche, cela m’importe bien peu dans le fond. Disons que nous sommes au-dessus. En haut.


 

Un parcours semé d’embuches
 

Rien n’est gagné bien évidemment. Je reste optimiste. Mais pas d’un optimisme béat.

Les effectifs du Mouvement Démocrate vont sans-doute fondre dans les mois à venir (ceux du PS et de l’UMP aussi d’ailleurs…). Découragement des uns. Impatience des autres. Ne leur en voulons pas. Ils ne partent pas parce qu’ils ne croient plus au message du MoDem. Mais parce qu’ils craignent que le MoDem ne se perde en route et oublie ce message. A nous de leur donner envie de revenir.


On va sans doute encore essayer de déstabiliser le MoDem par quelques débauchages ministériels. Essayer d’attirer tel ou tel dans une "commission de réflexion". Les manoeuvres politiciennes vont continuer. Que d’énergie dépensée à saper un mouvement dont on nie pourtant l’importance!
 

Enfin, au sein du MoDem, des ambitions personnelles vont se révéler. C’est bien. Nous avons besoin de nouvelles têtes. Mais, par pitié, évitons les coups tordus!

 

Du temps pour construire

Traversée du désert? Peut-être. Mais le MoDem a désormais du temps pour étayer son projet. C’est un luxe rare en politique. Du temps. Du temps pour s’ouvrir sur la société, écouter, écouter encore. Le projet ne se fera pas sur un forum internet mais par des rencontres thématiques avec des professionnels, des intellectuels, avec la société civile, les citoyens. C’est un travail sérieux, un travail de fond qui reste à réaliser.

 

 

Un patron


Autre atout de taille enfin pour le MoDem: François Bayrou. C’est même son principal "actif". Et c’est très bien ainsi. Car il ne flanchera pas.

 

 
Des échéances électorales favorables

Si ce travail de fond est fait, le Mouvement Démocrate créera vraisemblablement la surprise lors des prochaines échéances électorales: les européennes et les régionales ont cette spécificité d’être des élections à la proportionnelle… Ou le projet a plus d’importance que les petits jeux électoraux.

Tant mieux! "Projet contre projet": le MoDem jouera enfin dans sa catégorie.

 
Lire également:

–>Reconstruire la maison France
–> du "centre" au projet démocrate

–> le site du Mouvement Démocrate

 

Photo: blimpa sur Flickr



Tag(s): Vidéo, Etats-Unis

Boucherie héroïque et hamburgers

"Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque.". Voltaire - Candide

Stephan Nadelman, réalisateur américain, nous donne sa vision de la "boucherie héroïque" en revisitant l’histoire militaire des Etats-Unis depuis la deuxième guerre mondiale. Son court métrage, "Food Fight", met en scène des hamburgers s’attaquant à des sushi et des bretzels... Difficile à expliquer. Il suffit de regarder.