Tag(s): Développement durable, Climat, Entreprise

L’affaire du générateur “vert”

08/03/2008 | 5 Commentaires

Flickr

Mes plus fidèles lecteurs (ils sont deux je crois ;-) ) le savent déjà, je travaille dans une entreprise américaine, à Washington. Je vous ai déjà décrit une scène où mon directeur général remettait bizarrement en cause la conquête de la lune par les Américians (ah, les théories du complot!). Cette fois-ci, nous avons pour la première fois abordé le sujet du développement durable dans notre comité de direction…

Il faut dire que nous venons de recruter une nouvelle "Vice-President" qui ne cache pas ses opinions "écolos": bracelet "stop global warming" au poignet, démocrate affichée, soutien indéfectible de Hillary Clinton (Gore n’est pas candidat).

Nous devons faire l’acquisition d’un générateur électrique (au fioul). Normalement, ce sujet aurait dû être abordé en deux minutes. Il fut l’objet d’un amusant débat, ma nouvelle collègue, animée par sa foi militante, voulant à tout prix que nous achetions un générateur "vert". Tout le monde approuve… dans un premier temps. Puis, une objection: mais ça va peut-être coûter plus cher! Rapidement une deuxième objection: mais où va t’on trouver un générateur "vert"? On ne va pas non plus installer une éolienne sur le toit de l’immeuble. Bref, le débat s’enlise.

J’interviens: "vous savez, c’est un générateur de secours, alors pourquoi s’emmerder avec ça? Il devrait fonctionner seulement en cas de panne d’électricité, soit 2 ou 3 heures par an. L’impact sur l’environnement devrait être supportable…" Regards désapprobateurs de l’assemblée. Bouh! Le vilain, il n’en a rien à faire du développement durable!

Et j’enchaîne: "en revanche, je pense que si on divisait par deux nos innombrables voyages en avion, ça serait peut-être utile. Il suffirait de proposer systématiquement à nos clients et partenaires d’utiliser notre système de visio-conférence. Pour nos réunions internes également, il n’est peut-être pas utile de rassembler tous les commerciaux une fois par mois à Washington" (ils viennent des quatre coins des Etats-Unis). 

Regard noir du directeur commercial.

Silence.

"Sujet suivant!"                                                   J’y reviendrai… non mais!

 

Photo: jef safi sur Flickr 



Tag(s): Internet, Entreprise

Dans la lune…

08/02/2008 | 2 Commentaires

moon

Dans les années 80, j’étais jeune (comme diraient mes enfants…). Je passais une bonne partie de mes vacances à essayer de gagner un peu d’argent de poche. Généralement, j’allais travailler dans les fermes voisines de la maison de mes parents. J’allais "aux patates" ou "aux échalottes"… Le travail était pénible mais l’ambiance était bonne. J’appréciais tout particulièrement les repas, le déjeuner et surtout le "quatr’heures" où l’on se retrouvait tous autour d’une table gigantesque, assis sur des bancs, à engloutir un café au lait et des tranches de pain de campagne avec du pâté. Cette Bretagne existe t’elle encore?

Je me souviens d’une conversation avec le paysan qui nous embauchait: pour je ne sais quelle raison, nous en étions arrivés à parler de la conquête de l’espace. A ma grande surprise, le fermier s’était gaussé à l’évocation de l’alunissage des Américains en 1969. Il ne voyait là que sornettes et balivernes. "Les Américains, c’est des Mickeys!". Pour ma part, du haut de mes 15 ans, j’avais surtout vu en lui un vieux plouc inculte.

Ce souvenir m’est revenu à l’esprit la semaine dernière… dans un tout autre contexte. Je suis désormais cadre sup’ dans une entreprise américaine. Toutes les deux semaines, le comité de direction se réunit. Et là, vendredi dernier, notre directeur général se lance dans un beau disours sur le volontarisme. On aurait dit du Obama ("Yes, we can!"). Mais je m’égare. Mon directeur général décide donc d’illustrer son propos avec une petite histoire. Dans les années 60, Kennedy a décidé de regagner le leadership dans la conquête de l’espace, il a fixé un objectif ambitieux (envoyer des hommes sur la lune") et il a réussi. Comprenez: il ne nous reste plus qu’à bosser comme des malades pour atteindre les objectifs de "ouf" que nous ont fixé nos actionnaires…Bref, une petite management story très classique.

Sauf qu’il a conclu son discours par: "… et ils ont réussi puisque l’homme a finalement marché sur la lune. Enfin, …il paraît!". Tout en nous lançant un regard complice. Et tout le comité de direction de rire. Aux éclats. Franchement. Sans doute un peu par politesse (on rit toujours quand le boss fait une blague); mais pas seulement.

Il y a trente ans, ce trait d’humour aurait fait passer mon patron pour un abruti. Aujourd’hui, elle est la preuve de son intelligence et de son esprit critique.

Internet est passé par là! Les théories du complot aussi…

 Photo: OliBac sur Flickr