Tag(s): Irak, USA 2008

Obama: “je suis opposé aux guerres stupides”

31/03/2008 | 2 Commentaires
Barack Obama, à propos de la guerre en Irak (propos tenus en 2002):
 
"I know that even a successful war against Iraq will require a US occupation of undetermined length, at undetermined cost, with undetermined consequences. I know that an invasion of Iraq without a clear rationale and without strong international support will only fan the flames of the Middle East, and encourage the worst, rather than best, impulses of the Arab world, and strengthen the recruitment arm of Al Qaeda. I am not opposed to all wars. I’m opposed to dumb wars".
 
Je traduis:  
Je sais que même une guerre victorieuse contre l’Irak entrainera une occupation américaine de durée indéterminée, au coût indéterminé, avec des conséquences indéterminées. Je sais qu’une invasion de l’Irak sans une justification claire et sans un appui international solide ne pourra qu’attiser les braises au Moyen-Orient, encourager les pires pulsions au sein du  monde arabe et renforcer la base de recrutement d’Al-Qaida. Je ne suis pas opposé à toutes les guerres. Je suis juste opposé aux guerres stupides.
 


Tag(s): Etats-Unis

Une adolescente américaine sur quatre…

24/03/2008 | Commenter »

condoms

Une adolescente américaine sur quatre est infectée par une maladie sexuellement transmissible. "One in four girls" (NY Times).

Comme il se doit, pas un candidat à la présidentielle américaine n’a réagi à cette statistique qui a pourtant fait la une de tous les journaux. 

 

Autre statistique intéressante: aux Etats-Unis, le taux de grossesses non-désirées des adolescentes est le double de celui des autres pays développés. 

J’ai suivi l’an dernier les débats sur l’éducation sexuelle au sein du bureau local de l’éducation (Montgomery County, Maryland) : le message consistait encore à prôner en premier lieu l’abstinence…



Tag(s): USA 2008

Obama et la question raciale

22/03/2008 | 2 Commentaires

 

Flickr 

"Que Dieu maudisse l’Amérique" 

Les chaines de télévision américaines passent et repassent les images des prêches enflammés de Jeremiah Wright. Le pasteur Wright est un pasteur, adepte de la "théologie de la libération noire", qui fustige le "terrorisme" de l’Amérique blanche, voue aux gémonies cette Amérique qui traite une partie de ses compatriotes en "sous-hommes" et qui accuse le gouvernement américain d’avoir propagé le virus du sida… Un pasteur qui conclut parfois ses prêches par la formule choc: "Que Dieu maudisse l’Amérique!".

Jeremiah Wright est aussi le pasteur de l’église de Barack Obama. Un proche de la famille; certains disent "un père spirituel". Il l’a marié, a baptisé ses filles. Cette semaine, Obama s’est démarqué de manière claire des dérapages de son ami; mais ne l’a pas pour autant renié.

Son discours, condamnation de toutes les formes de racisme et appel à dépasser ces clivages, risque de ne pas faire le poids face au matraquage médiatique sur cette affaire. D’ores et déjà, Barack Obama est en baisse dans les sondages. Coup dur. Coup d’arrêt?

Mais finalement, pour Barack Obama, il est sans-doute préférable que cette polémique ait lieu maitnenant et pas dans la dernière ligne droite face à John McCain. A condition toutefois de ne pas s’effondrer avant la convention pour l’investiture démocrate…

Obama et la conquête du "vote noir" 

Métis, Obama a tout fait pour se faire accepter de la communauté noire "malgré" son éducation blanche. Il y a six mois encore, les African-americans disaient de lui qu’il n’était "pas assez noir". N’étant pas descendant d’esclave (mais d’un immigrant africain), ils jugeaient souvent qu’il ne pouvait pas les représenter. Beaucoup lui préféraient Hillary et clamaient que Bill Clinton avait été "le premier président noir des Etats-Unis".

Si aujourd’hui Obama apparait en mesure de remporter la primaire démocrate, c’est aussi parce qu’il a réussi à s’assurer le vote noir et, ainsi, à étendre son audience (limitée dans un premier temps aux jeunes blancs, éduqués, à la "génération internet" pour simplifier).

Car Barack Obama a tout mis en oeuvre pour gagner cet électorat. Tout d’abord, en s’assurant le soutien de personalités influentes dans la communauté africaine-américaine. On pense bien entendu au soutien des figures historiques de la lutte pour les droits civiques comme le révérend Jesse Jackson. Mais il ne faut pas négliger l’impact de l’engagement pro-Obama de personalités plus "people", telle Oprah Winfrey par exemple.

Paradoxalement, Obama a été aidé dans sa stratégie de conquête du vote noir par Hillary Clinton elle-même: ses déclarations visant à relativier l’influence de Martin Luther King dans la lutte pour les droits civiques ont choqué l’Amérique noire (mais pas seulement elle). Bill Clinton, qui aura été le premier à mettre en avant le problème de la question raciale en réduisant la victoire de Obama en Caroline du Sud à un vote communautariste,  a fini de sceller l’alliance entre Obama et les noirs américains. 

Accessoirement, c’est l’image de l’ancien président qui en a pris un coup. Bill Clinton avait laissé une image extraordinairement positive de sa présidence. C’est fini. C’est Obama qu’on attaque, mais c’est Clinton qu’on enterre.

Sur le terrain, les supporters de Obama ont cherché des relais pour convaincre la communauté noire. Ainsi, la conversion rapide des "Blacks" à la candidature Obama s’est faite aussi par la mobilisation de l’ensemble des organisations noires du pays: associations pour les droits civiques, mouvements d’aide sociale, associations de quartier…  mais aussi par l’engagement des églises noires et de leurs pasteurs. Le discours du révérend Wright n’est sans-doute pas isolé. Les prêches religieux pro-Obama n’ont sans doute pas été partout aussi caricaturaux et virulents; mais les églises noires ont bien joué un rôle dans le ralliement de l’électorat noir à la candidature du sénateur de l’Illinois.

 

Une image brouillée 

Car l’objectif était alors de "noircir" Obama auprès de la communauté africaine-américaine; alors même que, simultanément, Obama tenait des discours publics appelant à l’unité du pays et au dépassement des vieux clivages. La polémique actuelle vient également du télescopage entre ces deux discours: le discours officiel, politiquement correct du candidat et le discours beaucoup moins consensuel de ses supporters. Le doute s’installe: qui est vraiment Barack Obama?

Obama, jusqu’à présent, apparaissait comme un être sorti de nulle part. Ni noir ni blanc. Ni métis d’ailleurs. Un être éthéré prêchant pour une Amérique réunifiée. Une Amérique idéalisée. Assez éloignée de la réalité du pays. Obama, jusqu’à la semaine dernière, c’était aussi un beau produit marketing. Des discours hypnotiques. Un joli logo. On retenait de lui la volonté de changement et le volontarisme ("Yes, we can!"); un message d’"espérance"… sans bien savoir ce qu’il comptait faire une fois élu. Comme si l’important c’était l’élection d’Obama en elle-même, perçue comme un acte de rédemption de l’Amérique; et non pas la présidence de Obama et ce qu’il compte faire de l’Amérique ou pour l’Amérique…

Pour sortir de ce mauvais pas, Obama va devoir ré-orienter le débat, paler de ses projets, faire des propositions concrètes. Mettre en avant sa stratégie de sortie de la guerre en Iraq. S’attaquer à un John McCain dont le discours se droitise jour après jour. Sortir du débat stérile avec sa concurrente démocrate. En tout cas, il ne peut plus compter uniquement sur son charisme. 

 

La dernière chance de Hillary Clinton

Reste à savoir si Hillary Clinton cherchera à pousser son avantage et utilisera l’argument racial pour faire la différence. En fait, il semble évident qu’elle cherchera à profiter du mauvais pas de son adversaire car c’est sa dernière chance de gagner la primaire démocrate.

Ainsi, lorsqu’elle remercie Obama "d’avoir clarifié les choses", elle conforte l’idée qu’il y avait quelque chose à clarifier. Son jeu consistera donc à faire durer le plus longtemps possible une polémique qui désavantage son adversaire, tout en faisant attention à ne pas apparaître comme raciste. Affirmer que l’on n’a pas de leçons d’anti-racisme à recevoir, c’est aussi continuer à alimenter la polémique.

Mais Hillary Clinton joue gros: son acharnement à rester en course risque de lui faire perdre toute crédibilité auprès de l’électorat démocrate. Si elle devait aujourd’hui l’emporter face à Barack Obama, John McCain serait vraisemblablement élu, Hillary se trouvant alors dans l’impossibilité de mobiliser l’ensemble de son camp. Elle risque aussi de s’aliéner ses soutiens les plus naturels…

Ainsi, Bill Richardson, le gouverneur démocrate du Nouveau-Mexique vient d’apporter son soutien à Barack Obama. Richardson est un des plus éminents représentants de la New Democratic Coalition, le courant clintonien au sein du Parti Démocrate.  Seul gouverneur d’origine hispanique, il explique son choix en faisant référence au discours de Barack Obama et à cette volonté de dépasser le problème racial. Et il conlut son discours en faisant un appel implicite à un retrait de la candidature de Hillary Clinton.

Pour l’emporter, Barack Obama devra non seulement dépasser cette polémique mais aussi convaincre les cols-bleux démocrates. En 1980 et 1984, cet électorat avait déjà fait défaut aux démocrates et s’était porté massivement sur le candidat Ronald Reagan. Un soutien de John Edwards dans les semaines à venir serait sans doute un élément-clé dans la course à l’investiture.  

Certes, la polémique sur les discours du révérend Wright met Obama face aux contradictions de sa campagne. Mais elle est peut-être finalement salutaire. Obama n’est pas un saint. Ce n’est pas non plus le messie. C’est un Américain. Un Américain comme les autres, pétri de contradictions.

Lire également:

–>  Bill Richardson choisit Obama
–>  Obama: un message d’unité
–>  Obama "assassiné" dans une gallerie d’art
–>  Obama-Clinton: demandez le programme!
–>  McCain: un RINO à la Maison Blanche?

Photo: art crime sur Flickr 

 



Tag(s): Vidéo, USA 2008

Bill Richardson choisit Obama

Coup de théâtre! Le gouverneur Bill Richardson, le plus clintonien des clintoniens vient d’annoncer qu’il soutient finalement Barack Obama dans la course à l’investiture démocrate. Celui qui, jusqu’à présent, avait toujours suivi Bill Clinton décrit Barack Obama comme un "once-in-a-lifetime-leader".

 


Lire également:

–> Merci monsieur Richardson!



Tag(s): USA 2008

Obama: un message d’unité

Le 18 mars 2008 marquera sans-doute un tournant dans cette primaire démocrate. Barack Obama, une nouvelle fois attaqué sur la question raciale, a offert une réponse magistrale à ses détracteurs.

Au lieu de s’enfoncer dans la polémique sur les propos de son pasteur, il répond par un discours courageux. Je ne crois pas avoir entendu une description aussi claire et réaliste de la question raciale aux Etats-Unis. Et surtout, sur la nécessité de dépasser cette question raciale. Obama donne sa vision de l’Amérique:

"C’était là l’une des tâches que nous nous sommes donnés au début de cette campagne - continuer la longue marche de ceux qui sont venus avant nous, une marche pour une Amérique plus juste, plus égalitaire, plus libre, plus solidaire et plus prospère.

J’ai choisi de me porter candidat à la présidence à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pouvons pas résoudre les défis de notre temps si nous ne les résolvons pas ensemble - si nous n’améliorons pas notre union en comprenant que, bien qu’ayant des histoires différentes, nous avons des espoirs communs; que nous pouvons paraître différents ou ne pas tous venir du même endroit mais nous voulons tous aller dans la même direction - vers un avenir meilleur pour les enfants et de nos petits-enfants."

"Je ne serais pas en course pour la Présidence si je ne croyais pas de tout mon coeur que c’est ce que la grande majorité des Américains veut pour ce pays. Cette union ne sera peut-être jamais être parfaite, mais, génération après génération, elle peut toujours être perfectionnée. Et aujourd’hui, chaque fois que je suis en proie au doute ou au cynisme face à cette idée, ce qui me donne le plus d’espoir, c’est la nouvelle génération - les jeunes dont les attitudes et les croyances et l’ouverture au changement ont déjà fait l’histoire dans cette élection."

 

Le texte intégral du discours sur le site du NY Times:  Barack Obama’s speech on race.
Le texte du discours traduit en français sur le blog du correspondant du Nouvel Obs.
La vidéo du discours sur YouTube

 

Lire également:

–> Barack Obama "assassiné" dans une gallerie d’art
–> Obama-Clinton: demandez le programme! 



Tag(s): Vidéo, Etats-Unis

Boucherie héroïque et hamburgers

16/03/2008 | Commenter »

"Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque.". Voltaire - Candide

Stephan Nadelman, réalisateur américain, nous donne sa vision de la "boucherie héroïque" en revisitant l’histoire militaire des Etats-Unis depuis la deuxième guerre mondiale. Son court métrage, "Food Fight", met en scène des hamburgers s’attaquant à des sushi et des bretzels... Difficile à expliquer. Il suffit de regarder.

 




Tag(s): Vidéo, Etats-Unis

Etats-Unis: la fin du “French bashing”?

09/03/2008 | 2 Commentaires

Suite à l’intervention de Dominique de Villepin au Conseil de Sécurité de l’ONU en 2003 et la décision française de ne pas suivre les Américains dans leur croisade iraquienne, le "French bashing" était devenu un véritable sport national aux Etats-Unis. Ou, en tout cas, dans les talk shows américians et les discours de la droite néo-conservatrice. 

Le "French bashing"? La francophobie. Se foutre de la gueule des Français à tout propos, de leur couardise, de leurs défaites militaires, de leurs moeurs politiques, du "modèle social" français… de leurs frites!

En arrivant aux Etats-Unis, il y a maintenant 3 ans, je m’attendais effectivement à me faire conspuer… Ce ne fût pas le cas. Contrairement à leur presse et à leurs élus, les Américains que j’ai rencontrés m’ont toujours semblé avoir une image très positive de la France. Une image un peu trop "Amélie Poulain" à mon goût. Mais après tout, de l’autre côté de l’Atlantique, que connaissent réellement les Français de la vie aux US? 

Force est de constater que la francophobie ne fait plus recette sur les networks américains. La preuve avec cette vidéo de Bill Maher (HBO):


En revanche, où en est l’anti-américanisme en France?  Souvent tout aussi détestable et réducteur que le "French bashing" américain, il me semble qu’il continue de se développer. Attention, je ne suis pas un fan de Bush, bien au contraire. Et je ne glorifie en rien le modèle américain. Mais le fait que je me sente obligé de le préciser ne démontre t-il pas que l’anti-américanisme français est bien plus profond, plus solidement implanté que le "Franch bashing" des Américains? 



Tag(s): USA 2008

Barack Obama “assassiné” dans une gallerie d’art

Barack Obama

La Naomi Gates Gallery de New-York présente en ce moment (du 28 février au 30 mars) une exposition de Yazmani Arboleda intitulée "the assassination of Barack Obama" dont vous pouvez avoir un aperçu ici.
Qu’on se rassure! Le communiqué de presse de la gallerie d’art précise qu’il s’agit "d’explorer les diverses tentatives d’assassiner la réputation du candidat" pendant cette période d’élection…

Depuis quelques jours, le site de la Naomi gates Gallery précise que l’exposition est "momentanément" suspendue du fait d’une action judiciaire.

L’an dernier, je prenais un taxi en rentrant de l’aéroport, à Washington. J’engage la conversation avec le chauffeur de taxi. Il me parle de Sarkozy. Je zappe et lui parle des primaires qui se préparent. Il m’indique alors qu’il est membre du Parti Démocrate et qu’il a l’intention de soutenir Hillary Clinton.
_ Et Obama?  lui dis-je.
_ Obama? Je l’aime bien. Mais soyons raisonnables. Il va se faire descendre! Tous ceux qui ont tenu ce genre de discours auparavant se sont fait assassiner: Luther King, Kennedy. Non, l’Amérique n’est pas prête!

Tout le monde y pense. Car faire de la politique aux Etats-Unis est un métier à haut risque. En 2007, Barack Obama a été le premier des candidats à être placé sous protection des services secrets. Et ce, bien avant le lancement officiel des primaires. Jamais aucun candidat à la Présidentielle n’avait été placé si tôt sous protection officielle d’ailleurs.
John McCain, quant à lui, a refusé cette protection.

Pour mémoire, les Présidents Abraham Lincoln, John Garfield, William McKinley et John Kennedy sont morts assassinés. Quant à Theodore Roosevelt, Franklin Delano Roosevelt, Harry Truman, Gerald Ford et Ronald Reagan, ils ont eu plus de chance et ont tous réchappé à des tentatives de meurtre. Bobby Kennedy, le frère de JFK, lui, a été assassiné alors qu’il était candidat à la Présidence. Les leaders du mouvement des droits civiques, Martin Luther King et Malcom X, ont subi le même sort.

Triste tradition politique…

Jusqu’à présent, la presse s’auto-censurait sur le sujet. Personne n’y faisait publiquement référence. C’est fini. On ne parle pas de menaces précises sur le candidat, mais de la crainte grandissante que la "fairy tale" (le comte de fée) se finisse mal:

- The New York Times: In painful past, hushed worry about obama
- Phoenix.com: The "A" word
- Radaronline: writing about the unthinkable

 

Lire également:

–> Obama-Clinton: demandez le programme!
–> McCain: un RINO à la Maison Blanche? 

Photo: Barack Obama sur Flickr  



Tag(s): USA 2008

Obama-Clinton: demandez le programme!

24/02/2008 | 2 Commentaires

 Obama Clinton

Les primaires démocrates vont bientôt trancher: qui de Barack Obama ou de Hillary Clinton portera les couleurs du Parti Démocrate aux élections présidentielles? On parle beaucoup de tactique électorale, de positionnement; on débat pour savoir qui est le plus "liberal" (= gros mot américain décrivant un type chevelu portant un t-shirt à l’effigie de Che Guevara).

Mais que pensent les deux candidats démocrates? Quels sont leurs idées, leurs programmes? Sur quoi s’opposent-ils?

Ci-après une série de cinq billets sur quelques points clés permettant de mieux comprendre les candidats, leurs positions, leurs programmes:

 

Pour aller plus loin:

Les deux excellents billets sur la politique étrangère de Barack Obama et Hillary Clinton sur Quindi.

Un résumé des propositions des deux candidats démocrates chez Abadinte: Obama / Clinton.

Tous mes billets sur la campagne américaine: USA 2008.  

 Le site de campagne de Barack Obama

Le site de campagne de Hillary Clinton

Un site qui répertorie les positions et les votes passés des différents candidats: OnTheIssues.org 

 

 

Photo: sea turtle sur Flickr



Tag(s): USA 2008, Immigration

Obama-Clinton: quelle politique d’immigration?

23/02/2008 | déjà un commentaire

Flickr

Les Etats-Unis sont une terre d’immigration. Certes. Mais, aujourd’hui, avec environ 12 millions d’immigrés clandestins (les estimations varient en fait de 8 à 20 millions!), le sujet devient clairement un enjeu de campagne. L’accroissement de la population hispanique ne va pas sans poser de problèmes…

Un organisme très conservateur, USBC (pour un contrôle absolu des frontières) a mis en place une grille de notation pour les différents candidats: Hillary Clinton et Barack Obama obtiennent un score de 8% (et John McCain, un score de 18%). A comparer avec le score de Ron Paul (83%), qui fait figure de champion de la lutte contre l’immigration.

Les deux candidats démocrates sont donc perçus comme très ouverts sur ce sujet. Et leurs programmes sont finalement très similaires…

Hillary Clinton milite ainsi pour une réforme globale de la politique d’immigration des Etats-Unis. Ce projet qui est, selon elle, une de ses "priorités absolues", s’articule autour des idées suivantes:

  • Le renforcement de la sécurité aux frontières (la construction du fameux "mur" à la frontière américano-mexicaine),
  • La coopération trans-frontalière,
  • Une application stricte des lois sur l’immigration, mais dans le respect du droit des familles,
  • L’appui du gouvernement fédéral aux Etats,
  • Un renforcement des peines pour les employeurs de main d’oeuvre clandestine,
  • Une régularisation des immigrés déjà installés et ayant un travail .

Hillary Clinton précise qu’elle est opposée au programme de "guest workers" (une sorte d’immigration choisie à l’Américaine). Elle avait pourtant voté en faveur de ce projet en 2006; mais a apporté son vote à un amendement visant à retirer le visa "Y" (guest-worker) de la loi en mai 2007… Ah, les subtilités de travail parlementaire aux Etats-Unis!

Concernant la langue, elle s’est opposée à un projet de loi visant à faire de l’anglais la langue officielle des Etats-Unis; mais a soutenu un projet de loi prévoyant des aides accrues pour l’apprentissage de l’anglais.

Elle s’est également prononcée en faveur de l’extension de l’assurance-maladie (MedicAid) aux immigrés en situation irrégulière. 

Enfin, elle soutien fermement le DREAM Act, loi qui permet notamment (mais pas seulement) aux immigrés d’obtenir la nationalité américaine en échange d’une incorporation dans l’US Army…

 

Barack Obama a, comme il se doit, également un plan pour réformer la politique d’immigration: 

  • Sécuriser les frontières (également favorable au "mur" de séparation avec le Mexique),
  • Améliorer le système d’immigration: lutter contre les tracasseries administratives, augmenter le nombre d’immigrés légaux (donc: mesure de régularisation), préserver les liens familiaux et pourvoir à la demande de main d’oeuvre non satisfaite.
  • Limiter les incitations à l’entrée illégale sur le territoire: accroissement des sanctions contre les employeurs ayant recours à une main d’oeuvre clandestine,
  • Sortir les immigrés de la clandestinité: régularisation des travailleurs clandestins et possibilité pour eux de devenir, à terme, citoyens américains,
  • Travailler avec le Mexique pour favoriser le développement économique de ce pays.

Barack Obama, dans ses votes au Sénat, rejoint les positions de Hillary Clinton: contre l’anglais-langue officielle mais pour des incitations à apprendre l’anglais; pour le DREAM Act; pour l’accession à la citoyenneté pour les clandestins régularisés; pour le regroupement familial…

Sa singularité réside dans le fait d’avoir des propositions précises contre les tracasseries administratives auxquelles font face les immigrés. Il souhaite également que les frais de dossier pour l’accession à la nationalité soient plus raisonnables.

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme! 

Photo: Thomas Hawk sur Flickr