Tag(s): Irak, USA 2008

Obama: “je suis opposé aux guerres stupides”

31/03/2008 | 2 Commentaires
Barack Obama, à propos de la guerre en Irak (propos tenus en 2002):
 
"I know that even a successful war against Iraq will require a US occupation of undetermined length, at undetermined cost, with undetermined consequences. I know that an invasion of Iraq without a clear rationale and without strong international support will only fan the flames of the Middle East, and encourage the worst, rather than best, impulses of the Arab world, and strengthen the recruitment arm of Al Qaeda. I am not opposed to all wars. I’m opposed to dumb wars".
 
Je traduis:  
Je sais que même une guerre victorieuse contre l’Irak entrainera une occupation américaine de durée indéterminée, au coût indéterminé, avec des conséquences indéterminées. Je sais qu’une invasion de l’Irak sans une justification claire et sans un appui international solide ne pourra qu’attiser les braises au Moyen-Orient, encourager les pires pulsions au sein du  monde arabe et renforcer la base de recrutement d’Al-Qaida. Je ne suis pas opposé à toutes les guerres. Je suis juste opposé aux guerres stupides.
 


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Obama et la question raciale

22/03/2008 | 2 Commentaires

 

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"Que Dieu maudisse l’Amérique" 

Les chaines de télévision américaines passent et repassent les images des prêches enflammés de Jeremiah Wright. Le pasteur Wright est un pasteur, adepte de la "théologie de la libération noire", qui fustige le "terrorisme" de l’Amérique blanche, voue aux gémonies cette Amérique qui traite une partie de ses compatriotes en "sous-hommes" et qui accuse le gouvernement américain d’avoir propagé le virus du sida… Un pasteur qui conclut parfois ses prêches par la formule choc: "Que Dieu maudisse l’Amérique!".

Jeremiah Wright est aussi le pasteur de l’église de Barack Obama. Un proche de la famille; certains disent "un père spirituel". Il l’a marié, a baptisé ses filles. Cette semaine, Obama s’est démarqué de manière claire des dérapages de son ami; mais ne l’a pas pour autant renié.

Son discours, condamnation de toutes les formes de racisme et appel à dépasser ces clivages, risque de ne pas faire le poids face au matraquage médiatique sur cette affaire. D’ores et déjà, Barack Obama est en baisse dans les sondages. Coup dur. Coup d’arrêt?

Mais finalement, pour Barack Obama, il est sans-doute préférable que cette polémique ait lieu maitnenant et pas dans la dernière ligne droite face à John McCain. A condition toutefois de ne pas s’effondrer avant la convention pour l’investiture démocrate…

Obama et la conquête du "vote noir" 

Métis, Obama a tout fait pour se faire accepter de la communauté noire "malgré" son éducation blanche. Il y a six mois encore, les African-americans disaient de lui qu’il n’était "pas assez noir". N’étant pas descendant d’esclave (mais d’un immigrant africain), ils jugeaient souvent qu’il ne pouvait pas les représenter. Beaucoup lui préféraient Hillary et clamaient que Bill Clinton avait été "le premier président noir des Etats-Unis".

Si aujourd’hui Obama apparait en mesure de remporter la primaire démocrate, c’est aussi parce qu’il a réussi à s’assurer le vote noir et, ainsi, à étendre son audience (limitée dans un premier temps aux jeunes blancs, éduqués, à la "génération internet" pour simplifier).

Car Barack Obama a tout mis en oeuvre pour gagner cet électorat. Tout d’abord, en s’assurant le soutien de personalités influentes dans la communauté africaine-américaine. On pense bien entendu au soutien des figures historiques de la lutte pour les droits civiques comme le révérend Jesse Jackson. Mais il ne faut pas négliger l’impact de l’engagement pro-Obama de personalités plus "people", telle Oprah Winfrey par exemple.

Paradoxalement, Obama a été aidé dans sa stratégie de conquête du vote noir par Hillary Clinton elle-même: ses déclarations visant à relativier l’influence de Martin Luther King dans la lutte pour les droits civiques ont choqué l’Amérique noire (mais pas seulement elle). Bill Clinton, qui aura été le premier à mettre en avant le problème de la question raciale en réduisant la victoire de Obama en Caroline du Sud à un vote communautariste,  a fini de sceller l’alliance entre Obama et les noirs américains. 

Accessoirement, c’est l’image de l’ancien président qui en a pris un coup. Bill Clinton avait laissé une image extraordinairement positive de sa présidence. C’est fini. C’est Obama qu’on attaque, mais c’est Clinton qu’on enterre.

Sur le terrain, les supporters de Obama ont cherché des relais pour convaincre la communauté noire. Ainsi, la conversion rapide des "Blacks" à la candidature Obama s’est faite aussi par la mobilisation de l’ensemble des organisations noires du pays: associations pour les droits civiques, mouvements d’aide sociale, associations de quartier…  mais aussi par l’engagement des églises noires et de leurs pasteurs. Le discours du révérend Wright n’est sans-doute pas isolé. Les prêches religieux pro-Obama n’ont sans doute pas été partout aussi caricaturaux et virulents; mais les églises noires ont bien joué un rôle dans le ralliement de l’électorat noir à la candidature du sénateur de l’Illinois.

 

Une image brouillée 

Car l’objectif était alors de "noircir" Obama auprès de la communauté africaine-américaine; alors même que, simultanément, Obama tenait des discours publics appelant à l’unité du pays et au dépassement des vieux clivages. La polémique actuelle vient également du télescopage entre ces deux discours: le discours officiel, politiquement correct du candidat et le discours beaucoup moins consensuel de ses supporters. Le doute s’installe: qui est vraiment Barack Obama?

Obama, jusqu’à présent, apparaissait comme un être sorti de nulle part. Ni noir ni blanc. Ni métis d’ailleurs. Un être éthéré prêchant pour une Amérique réunifiée. Une Amérique idéalisée. Assez éloignée de la réalité du pays. Obama, jusqu’à la semaine dernière, c’était aussi un beau produit marketing. Des discours hypnotiques. Un joli logo. On retenait de lui la volonté de changement et le volontarisme ("Yes, we can!"); un message d’"espérance"… sans bien savoir ce qu’il comptait faire une fois élu. Comme si l’important c’était l’élection d’Obama en elle-même, perçue comme un acte de rédemption de l’Amérique; et non pas la présidence de Obama et ce qu’il compte faire de l’Amérique ou pour l’Amérique…

Pour sortir de ce mauvais pas, Obama va devoir ré-orienter le débat, paler de ses projets, faire des propositions concrètes. Mettre en avant sa stratégie de sortie de la guerre en Iraq. S’attaquer à un John McCain dont le discours se droitise jour après jour. Sortir du débat stérile avec sa concurrente démocrate. En tout cas, il ne peut plus compter uniquement sur son charisme. 

 

La dernière chance de Hillary Clinton

Reste à savoir si Hillary Clinton cherchera à pousser son avantage et utilisera l’argument racial pour faire la différence. En fait, il semble évident qu’elle cherchera à profiter du mauvais pas de son adversaire car c’est sa dernière chance de gagner la primaire démocrate.

Ainsi, lorsqu’elle remercie Obama "d’avoir clarifié les choses", elle conforte l’idée qu’il y avait quelque chose à clarifier. Son jeu consistera donc à faire durer le plus longtemps possible une polémique qui désavantage son adversaire, tout en faisant attention à ne pas apparaître comme raciste. Affirmer que l’on n’a pas de leçons d’anti-racisme à recevoir, c’est aussi continuer à alimenter la polémique.

Mais Hillary Clinton joue gros: son acharnement à rester en course risque de lui faire perdre toute crédibilité auprès de l’électorat démocrate. Si elle devait aujourd’hui l’emporter face à Barack Obama, John McCain serait vraisemblablement élu, Hillary se trouvant alors dans l’impossibilité de mobiliser l’ensemble de son camp. Elle risque aussi de s’aliéner ses soutiens les plus naturels…

Ainsi, Bill Richardson, le gouverneur démocrate du Nouveau-Mexique vient d’apporter son soutien à Barack Obama. Richardson est un des plus éminents représentants de la New Democratic Coalition, le courant clintonien au sein du Parti Démocrate.  Seul gouverneur d’origine hispanique, il explique son choix en faisant référence au discours de Barack Obama et à cette volonté de dépasser le problème racial. Et il conlut son discours en faisant un appel implicite à un retrait de la candidature de Hillary Clinton.

Pour l’emporter, Barack Obama devra non seulement dépasser cette polémique mais aussi convaincre les cols-bleux démocrates. En 1980 et 1984, cet électorat avait déjà fait défaut aux démocrates et s’était porté massivement sur le candidat Ronald Reagan. Un soutien de John Edwards dans les semaines à venir serait sans doute un élément-clé dans la course à l’investiture.  

Certes, la polémique sur les discours du révérend Wright met Obama face aux contradictions de sa campagne. Mais elle est peut-être finalement salutaire. Obama n’est pas un saint. Ce n’est pas non plus le messie. C’est un Américain. Un Américain comme les autres, pétri de contradictions.

Lire également:

–>  Bill Richardson choisit Obama
–>  Obama: un message d’unité
–>  Obama "assassiné" dans une gallerie d’art
–>  Obama-Clinton: demandez le programme!
–>  McCain: un RINO à la Maison Blanche?

Photo: art crime sur Flickr 

 



Tag(s): Vidéo, USA 2008

Bill Richardson choisit Obama

Coup de théâtre! Le gouverneur Bill Richardson, le plus clintonien des clintoniens vient d’annoncer qu’il soutient finalement Barack Obama dans la course à l’investiture démocrate. Celui qui, jusqu’à présent, avait toujours suivi Bill Clinton décrit Barack Obama comme un "once-in-a-lifetime-leader".

 


Lire également:

–> Merci monsieur Richardson!



Tag(s): USA 2008

Obama: un message d’unité

Le 18 mars 2008 marquera sans-doute un tournant dans cette primaire démocrate. Barack Obama, une nouvelle fois attaqué sur la question raciale, a offert une réponse magistrale à ses détracteurs.

Au lieu de s’enfoncer dans la polémique sur les propos de son pasteur, il répond par un discours courageux. Je ne crois pas avoir entendu une description aussi claire et réaliste de la question raciale aux Etats-Unis. Et surtout, sur la nécessité de dépasser cette question raciale. Obama donne sa vision de l’Amérique:

"C’était là l’une des tâches que nous nous sommes donnés au début de cette campagne - continuer la longue marche de ceux qui sont venus avant nous, une marche pour une Amérique plus juste, plus égalitaire, plus libre, plus solidaire et plus prospère.

J’ai choisi de me porter candidat à la présidence à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pouvons pas résoudre les défis de notre temps si nous ne les résolvons pas ensemble - si nous n’améliorons pas notre union en comprenant que, bien qu’ayant des histoires différentes, nous avons des espoirs communs; que nous pouvons paraître différents ou ne pas tous venir du même endroit mais nous voulons tous aller dans la même direction - vers un avenir meilleur pour les enfants et de nos petits-enfants."

"Je ne serais pas en course pour la Présidence si je ne croyais pas de tout mon coeur que c’est ce que la grande majorité des Américains veut pour ce pays. Cette union ne sera peut-être jamais être parfaite, mais, génération après génération, elle peut toujours être perfectionnée. Et aujourd’hui, chaque fois que je suis en proie au doute ou au cynisme face à cette idée, ce qui me donne le plus d’espoir, c’est la nouvelle génération - les jeunes dont les attitudes et les croyances et l’ouverture au changement ont déjà fait l’histoire dans cette élection."

 

Le texte intégral du discours sur le site du NY Times:  Barack Obama’s speech on race.
Le texte du discours traduit en français sur le blog du correspondant du Nouvel Obs.
La vidéo du discours sur YouTube

 

Lire également:

–> Barack Obama "assassiné" dans une gallerie d’art
–> Obama-Clinton: demandez le programme! 



Tag(s): USA 2008

Barack Obama “assassiné” dans une gallerie d’art

09/03/2008 | Commenter »

Barack Obama

La Naomi Gates Gallery de New-York présente en ce moment (du 28 février au 30 mars) une exposition de Yazmani Arboleda intitulée "the assassination of Barack Obama" dont vous pouvez avoir un aperçu ici.
Qu’on se rassure! Le communiqué de presse de la gallerie d’art précise qu’il s’agit "d’explorer les diverses tentatives d’assassiner la réputation du candidat" pendant cette période d’élection…

Depuis quelques jours, le site de la Naomi gates Gallery précise que l’exposition est "momentanément" suspendue du fait d’une action judiciaire.

L’an dernier, je prenais un taxi en rentrant de l’aéroport, à Washington. J’engage la conversation avec le chauffeur de taxi. Il me parle de Sarkozy. Je zappe et lui parle des primaires qui se préparent. Il m’indique alors qu’il est membre du Parti Démocrate et qu’il a l’intention de soutenir Hillary Clinton.
_ Et Obama?  lui dis-je.
_ Obama? Je l’aime bien. Mais soyons raisonnables. Il va se faire descendre! Tous ceux qui ont tenu ce genre de discours auparavant se sont fait assassiner: Luther King, Kennedy. Non, l’Amérique n’est pas prête!

Tout le monde y pense. Car faire de la politique aux Etats-Unis est un métier à haut risque. En 2007, Barack Obama a été le premier des candidats à être placé sous protection des services secrets. Et ce, bien avant le lancement officiel des primaires. Jamais aucun candidat à la Présidentielle n’avait été placé si tôt sous protection officielle d’ailleurs.
John McCain, quant à lui, a refusé cette protection.

Pour mémoire, les Présidents Abraham Lincoln, John Garfield, William McKinley et John Kennedy sont morts assassinés. Quant à Theodore Roosevelt, Franklin Delano Roosevelt, Harry Truman, Gerald Ford et Ronald Reagan, ils ont eu plus de chance et ont tous réchappé à des tentatives de meurtre. Bobby Kennedy, le frère de JFK, lui, a été assassiné alors qu’il était candidat à la Présidence. Les leaders du mouvement des droits civiques, Martin Luther King et Malcom X, ont subi le même sort.

Triste tradition politique…

Jusqu’à présent, la presse s’auto-censurait sur le sujet. Personne n’y faisait publiquement référence. C’est fini. On ne parle pas de menaces précises sur le candidat, mais de la crainte grandissante que la "fairy tale" (le comte de fée) se finisse mal:

- The New York Times: In painful past, hushed worry about obama
- Phoenix.com: The "A" word
- Radaronline: writing about the unthinkable

 

Lire également:

–> Obama-Clinton: demandez le programme!
–> McCain: un RINO à la Maison Blanche? 

Photo: Barack Obama sur Flickr  



Tag(s): USA 2008

Obama-Clinton: demandez le programme!

24/02/2008 | 2 Commentaires

 Obama Clinton

Les primaires démocrates vont bientôt trancher: qui de Barack Obama ou de Hillary Clinton portera les couleurs du Parti Démocrate aux élections présidentielles? On parle beaucoup de tactique électorale, de positionnement; on débat pour savoir qui est le plus "liberal" (= gros mot américain décrivant un type chevelu portant un t-shirt à l’effigie de Che Guevara).

Mais que pensent les deux candidats démocrates? Quels sont leurs idées, leurs programmes? Sur quoi s’opposent-ils?

Ci-après une série de cinq billets sur quelques points clés permettant de mieux comprendre les candidats, leurs positions, leurs programmes:

 

Pour aller plus loin:

Les deux excellents billets sur la politique étrangère de Barack Obama et Hillary Clinton sur Quindi.

Un résumé des propositions des deux candidats démocrates chez Abadinte: Obama / Clinton.

Tous mes billets sur la campagne américaine: USA 2008.  

 Le site de campagne de Barack Obama

Le site de campagne de Hillary Clinton

Un site qui répertorie les positions et les votes passés des différents candidats: OnTheIssues.org 

 

 

Photo: sea turtle sur Flickr



Tag(s): USA 2008, Immigration

Obama-Clinton: quelle politique d’immigration?

23/02/2008 | déjà un commentaire

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Les Etats-Unis sont une terre d’immigration. Certes. Mais, aujourd’hui, avec environ 12 millions d’immigrés clandestins (les estimations varient en fait de 8 à 20 millions!), le sujet devient clairement un enjeu de campagne. L’accroissement de la population hispanique ne va pas sans poser de problèmes…

Un organisme très conservateur, USBC (pour un contrôle absolu des frontières) a mis en place une grille de notation pour les différents candidats: Hillary Clinton et Barack Obama obtiennent un score de 8% (et John McCain, un score de 18%). A comparer avec le score de Ron Paul (83%), qui fait figure de champion de la lutte contre l’immigration.

Les deux candidats démocrates sont donc perçus comme très ouverts sur ce sujet. Et leurs programmes sont finalement très similaires…

Hillary Clinton milite ainsi pour une réforme globale de la politique d’immigration des Etats-Unis. Ce projet qui est, selon elle, une de ses "priorités absolues", s’articule autour des idées suivantes:

  • Le renforcement de la sécurité aux frontières (la construction du fameux "mur" à la frontière américano-mexicaine),
  • La coopération trans-frontalière,
  • Une application stricte des lois sur l’immigration, mais dans le respect du droit des familles,
  • L’appui du gouvernement fédéral aux Etats,
  • Un renforcement des peines pour les employeurs de main d’oeuvre clandestine,
  • Une régularisation des immigrés déjà installés et ayant un travail .

Hillary Clinton précise qu’elle est opposée au programme de "guest workers" (une sorte d’immigration choisie à l’Américaine). Elle avait pourtant voté en faveur de ce projet en 2006; mais a apporté son vote à un amendement visant à retirer le visa "Y" (guest-worker) de la loi en mai 2007… Ah, les subtilités de travail parlementaire aux Etats-Unis!

Concernant la langue, elle s’est opposée à un projet de loi visant à faire de l’anglais la langue officielle des Etats-Unis; mais a soutenu un projet de loi prévoyant des aides accrues pour l’apprentissage de l’anglais.

Elle s’est également prononcée en faveur de l’extension de l’assurance-maladie (MedicAid) aux immigrés en situation irrégulière. 

Enfin, elle soutien fermement le DREAM Act, loi qui permet notamment (mais pas seulement) aux immigrés d’obtenir la nationalité américaine en échange d’une incorporation dans l’US Army…

 

Barack Obama a, comme il se doit, également un plan pour réformer la politique d’immigration: 

  • Sécuriser les frontières (également favorable au "mur" de séparation avec le Mexique),
  • Améliorer le système d’immigration: lutter contre les tracasseries administratives, augmenter le nombre d’immigrés légaux (donc: mesure de régularisation), préserver les liens familiaux et pourvoir à la demande de main d’oeuvre non satisfaite.
  • Limiter les incitations à l’entrée illégale sur le territoire: accroissement des sanctions contre les employeurs ayant recours à une main d’oeuvre clandestine,
  • Sortir les immigrés de la clandestinité: régularisation des travailleurs clandestins et possibilité pour eux de devenir, à terme, citoyens américains,
  • Travailler avec le Mexique pour favoriser le développement économique de ce pays.

Barack Obama, dans ses votes au Sénat, rejoint les positions de Hillary Clinton: contre l’anglais-langue officielle mais pour des incitations à apprendre l’anglais; pour le DREAM Act; pour l’accession à la citoyenneté pour les clandestins régularisés; pour le regroupement familial…

Sa singularité réside dans le fait d’avoir des propositions précises contre les tracasseries administratives auxquelles font face les immigrés. Il souhaite également que les frais de dossier pour l’accession à la nationalité soient plus raisonnables.

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme! 

Photo: Thomas Hawk sur Flickr 



Tag(s): Irak, USA 2008

Obama-Clinton: mettre fin à la guerre en Irak

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Contrairement à leur (probable) concurrent John McCain [voir mon aricle: "McCain, un RINO à la maison blanche"], Barack Obama et Hillary Clinton militent de conserve pour un retrait immédiat des troupes américaines d’Irak…

Barack Obama, qui s’est toujours déclaré contre l’intervention militaire des Etats-Unis en Irak, annonce vouloir commencer à retirer les troupes US dès son élection. Il souhaite enlever une à deux brigades de combat chaque mois et, ainsi, opérer un retrait total sur une période de 16 mois. Il précise également qu’il ne souhaite pas établir une base militaire permanente en Irak et, donc, que la présence militaire américaine, après cette période transitoire de 16 mois, devrait se limiter à "quelques troupes" en charge de la sécurité des diplomates.

Il précise toutefois qu’il souhaite maintenir une présence militaire américaine dans la région pour pouvoir, le cas échéant, opérer des frappes ciblées sur d’éventuelles base d’Al Qaïda…

Il compte sur le gouvernement irakien pour assurer la sécurité du pays après le retrait des troupes américaines. Il envisage de redonner un rôle central à l’ONU pour aider les Irakiens à rétablir la stabilité de leur pays. Il estime que la solution au problème irakien s’inscrit également dans une implication de tous les Etats de la région: il prévoit, de ce fait, de rétablir le dialogue avec la Syrie et l’Iran.
 
Hillary Clinton part avec un handicap certain sur ce sujet puisqu’elle avait approuvé et voté en faveur de l’intervention américaine.
 
Pour elle, la bonne stratégie consiste aussi à "commencer à ramener les troupes maintenant".
 
Son plan, en trois points:
 
1. Ramener les troupes: elle s’engage à demander, dans les deux mois après son entrée en fonction, un rapport circonstancié aux plus hautes autorités militaires pour organiser le retour des troupes. Notons que, contrairement à Barack Obama, Hillary Clinton reste vague sur les modalités du retrait et ne s’engage par sur une date de retour.
 
2. Stabiliser l’Irak: Hillary Clinton prévoit une ré-orientation de l’aide américaine vers la société irakienne elle-même plutôt que sur des aides au gouvernement irakien.  Pendant cette période de "stabilisation", elle envisage de demander à l’ONU de nommer un Haut-Représentant en Irak (sur le modèle du Kosovo).
 
3. Reconstruire: l’ancienne first-lady prévoit la convocation d’une grande conférence internationale réunissant les principales puissances mondiales ainsi que tous les pays de la région pour reconstruire l’Irak suivant trois principes: non-ingérence, médiation entre les diverses parties et financement de la reconstruction.
 
–> Obama-Clinton: demandez le programme! 
 
Photo: Jayel Aheram sur Flickr
 


Tag(s): USA 2008, Environnement

Obama-Clinton: et l’environnement?

stop global warming 

Par rapport aux Républicains, Barack Obama et Hillary Clinton sont en pointe sur les questions environnementales. Tout deux ont intégré dans leurs discours et dans leur programme des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. On n’en attendait pas moins des candidats du parti de Al Gore

La "League of conservation Voters", organisation de défense de l’environnement, a établi un guide de vote pour ces élections: les candidats sont notés et classés non seulement en fonction de leurs déclarations et de leur programme, mais aussi en fonction de leurs votes passés. Ainsi, Barack Obama obtient une note globale de 96 et Hillary Clinton une note de 90 (à comparer avec le score de 26 obtenu par John McCain).

Leurs propositions sur ce sujet sont quasiment identitques et reprennent presque mot pour mot les préconisations de la "League of conservation Voters". On notera toutefois que Barack Obama va parfois plus loin que Hillary Clinton, proposant des objectifs plus ambitieux en termes de réduction de gaz à effet de serre ou encore de réduction de la consommation des voitures.

Finalement, la seule véritable opposition entre les deux concurrents démocrates sur ce sujet n’apparait pas dans leurs programmes… Ils ont eu dans le passé des positions divergentes sur l’extension des zone de forage pétrolier: Obama s’y est toujours opposé tandis que Clinton a toujours voté en leur faveur…

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme! 



Tag(s): Société, USA 2008

Obama-Clinton: les débats de société

 

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Contrairement à la vieille Europe où l’époque des grands débats de société semble dépassé, aux Etats-Unis, les thèmes comme la peine de mort, les ventes d’armes ou l’avortement continuent d’opposer de manière virulente (et parfois violente) les pour et les contre. Pourtant, ces sujets sont quasiment absents de la campagne des deux concurrents démocrates. Qui évitent sans doute de risquer de sa facher avec qui que ce soit… Sujets brulants.

Peine de mort

Barack Obama expliquait dans un article du Washington Post de février 2007, que la peine de mort "fait peu pour prévenir le crime". Il ajoutait toutefois qu’il était favorable à la peine capitale pour les actes les plus haineux.

Hillary Clinton ne fait pas plus référence au débat sur la peine de mort sur son site de campagne. Néanmoins, lors de sa campagne de 2000 pour le Sénat, elle avait exprimé publiquement qu’elle était favorable à la peine capitale (New-York Times - février 2000).

 

Mariage homosexuel

Les deux candidats démocrates se disent opposés au mariage homosexuel, mais favorables à un contrat d’union civile.

Toutefois, ils s’opposent sur la loi DOMA (Defense of Marriage Act): selon cette loi, adoptée en 1996, le gouvernement fédéral ne reconnaît pas les mariages homosexuels célébrés dans les Etats qui les autorisent. Ainsi, par exemple, les homosexuels légalement mariés au Massachusetts (où le same-sex marriage est entré dans la loi en 2002) seront toujours considérés comme célibataires par l’Etat fédéral et ses diverses administrations (entre autres, le fisc). Selon cette même loi, les Etats sont libres de ne pas reconnaître ces unions. Impossible donc pour un couple gay du Colorado d’aller se marier à Boston  dans l’espoir de bénéficier des avantages du mariage tout en restant vivre à Denver.

Pour Barack Obama, c’est simple: il faut revenir sur cette loi. Le mariage homosexuel célébré par un Etat s’imposerait donc en droit à l’ensemble des autres Etats.

Pour Hillary Clinton, il convient seulement d’amender la loi afin d’assurer une reconnaissance des unions homosexuelles au niveau fédéral tout en laissant la liberté aux Etats de les reconnaître ou non. Les couples homosexuels seraient donc reconnus notamment par le fisc au niveau fédéral; mais n’auraient pas gagné la reconnaissance de leurs droits par les Etats opposés au mariage gay.
 

Contôle des armes à feu
 

Pas de référence au "gun control" (lois restreignant l’achat des armes à feu) sur le site de Hillary Clinton. Toutefois, elle s’est plusieurs fois exprimée dans le passé pour une restriction sur les ventes d’armes et a voté en ce sens des lois (timides) au Sénat.

Barack Obama se déclare également un farouche opposant aux armes à feu. Jugez vous même: il propose que l’on ne puisse pas vendre plus d’une arme à feu par mois à une même personne… Révolutionnaire, non? Et , par ailleurs, il déclarait en décembre 2007 (au Weekly Standard) que "la tradition de posséder une arme dans ce pays doit être respectée". (Moi, je vous l’dis, y sont pas sortis de l’auberge!).

 

Avortement

L’avortement est de ces grands sujets de société qui divise profondément l’Amérique. Barack Obama et Hillary Clinton sont, comme il se doit pour des Démocrates, favorables à la défense du droit à l’avortement. Toutefois, il convient de noter, une nouvelle fois, que ni l’un ni l’autre ne font allusion à ce problème sur leur site de campagne…

Aux Etats-Unis, depuis 1973 et la décision de la Cour Suprême sur le cas Roe vs. Wade, l’avortement est légal. Les Etats ne peuvent s’opposer en aucune manière aux avortements intervenant lors du premier trimestre de la grossesse; ils peuvent encadrer légalement (sans les interdire) les avortements lors du deuxième trimestre; en revanche, ils peuvent interdire (et, en général le font) les avortements lors du troisième trimestre de grossesse.

Un point de divergence toutefois entre les deux candidats… Sur la question des "partial-birth abortions", ou des avortements de fin de grossesse (0,17% des cas d’avortements aux Etats-Unis mais 99,9% des débats sur le sujet en ce moment).

Tous deux se sont opposés à la "Partial-birth Abortion Act" de 2003, cette loi aboutissant à une restriction des droits à l’avortement y compris au cours du deuxième trimestre (ce qui correspond donc, pour les militants pro-choice, à un retour en arrière par rapport à l’arrêt Roe vs. Wade de 1973).

Toutefois, les deux concurrents expliquent leur vote de manière différente: Barack Obama s’y est opposé pour éviter toute remise en cause du droit à l’avortement (notamment dans le courant du deuxième trimestre).

Hillary Clinton, quant à elle, justifie son vote négatif uniquement parce que cette loi ne prévoyait pas d’exceptions. Pour certains militants pro-choice, elle aurait donc admis implicitement une remise en cause partielle des droits à l’avortement… (pour ma part, j’ai tendance à penser que ses opposants au sein du parti démocrate lui cherchent des poux dans la tête sur cette affaire…).

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme!