Tag(s): MoDem, Projet démocrate, Nouveau Centre, PRG, Parti Radical, Centristes égarés

Réunir les centres?

13/04/2008 | 11 Commentaires

orange

Il y a quelques jours, le blog du démocrate lançait une "adresse à nos amis radicaux, démocrates et libéraux", soulignant la proximité entre les démocrates, le radicaux, les démocrates-chrétiens et les libéraux. Je reprends ici la conclusion de ce billet:

"Sommes-nous condamnés à nous diviser sur le secondaire alors que notre identité politique, la question principale, nos valeurs, sujet essentiel, sont les mêmes?"

Et mon commentaire à la suite de ce billet:


Je partage presque intégralement cette analyse sur la proximité idéologique entre les démocrates et les divers “centristes égarés”. Mais à la question finale, je réponds que, oui, nous sommes condamnés à être divisés…

Il y a deux types de mouvements politiques en France:
1. Ceux qui osent affronter les électeurs sur leur programme, leurs idées: l’UMP, le PS, la gauche radicale (LCR), le Modem, le FN et (depuis peu à nouveau) les Verts;
2. Ceux qui n’osent pas. Des groupuscules parasitaires qui s’associent aux précédents pour survivre: le Nouveau Centre, le PRG, le PCF, le Parti Radical, etc (la liste est longue!).
C’était le cas aussi de l’UDF naguère…

L’idée de réunir les diverses formations “centristes” autour du MoDem peut paraitre attirante; mais elle me semble peu effective. Ou en tout cas prématurée.
L’important, ce n’est pas de réunir des appareils politiques, c’est de convaincre des électeurs.
Que le MoDem réussisse son pari et prenne sa place centrale sur l’échiquier politique et, alors, ces diverses formations centristes viendront naturellement s’y associer. En attendant, toute idée de “confédération des centres” me semble plutôt s’inscrire dans une logique de phagocytation du MoDem par l’UMP, la plupart de ces formations ayant tout de même fait le choix de soutenir inconditionnellement Nicolas Sarkozy.
Je me reconnais une proximité idéologique évidente avec un Jacques Delors ou un Pierre Méhaignerie. Je les respecte et j’apprécie souvent leurs analyses. Mais je n’oublie jamais que ce sont des adversaires politiques.
Les divers “centristes égarés” ont des objectifs différents de ceux du MoDem: pour certains de ces “partis”, la seule raison d’être n’est d’ailleurs que l’opposition au MoDem (Nouveau Centre).
Alors, oui, gardons des liens et engageons le dialogue avec les militants de ces formations. Mais ne rêvons pas d’unir les centres. Ce qu’il faut unir, ce sont les Français autour des valeurs démocrates. Le reste suivra…
Parlons aux Français au lieu de parler aux centristes. Sinon, nous finirons comme les socialistes qui passent leur temps à parler de la gauche au lieu de parler à la France.


Il faut rendre à César ce qui appartient à César… J’ai piqué l’expression "centristes égarés" à l’Hérétique, éminent blogueur démocrate (mais, après tout, il ne l’utilisait plus). J’en profite pour signaler son initiative de créer un widget "Alliance Centriste" regroupant des blogs de militants du MoDem et d’autres formations centristes. L’occasion d’entamer le dialogue avec les "centristes égarés".

.



Tag(s): PS, MoDem, UMP, Sarkozy, Karoutchi, Marleix, Raffarin, Fillon

Il n’y a qu’un bon mode de scrutin, celui qui vous fait élire

30/03/2008 | 9 Commentaires

Flickr

En 2003, Jean-Pierre Raffarin, Premier Ministre, faisait adopter une modification du mode de scrutin pour les élections régionales. Un an avant les dites élections… L’objectif était alors de réduire l’influence du Front National et, ainsi, de permettre à l’UMP de conserver "ses" régions, voire d’en gagner de nouvelles.  On institua donc un système proportionnel à deux tours permettant aux listes de fusinonner entre les deux tours et donnant un avantage à la liste arrivée en tête (qui se voit attribuer un quart des sièges).

Et en 2004, les Français votent. Ils placent en tête les listes du parti socialiste… "Oups", se dit Raffarin. Le mode de scrutin et les alliances entre listes de gauche entre les deux tours amplifient encore cette vague rose et toutes les régions (sauf une, l’Alsace) passent ainsi à gauche.

En 2008, l’UMP vient de se prendre une déculottée sévère aux municipales et se rend compte qu’elle n’a aucune chance de reprendre la moindre région à la gauche aux prochaines régionales (2010) avec la fameuse "machine à gagner" inventée par Raffarin. Le premier ministre, François Fillon glisse donc une petite phrase en fin d’une interview pour préparer gentiment les esprit à un changement probable de la règle du jeu: 

"le gouvernement souhaite un débat sur le mode de scrutin pour les régionales. A titre personnel, ma préférence va pour la proportionnelle à un tour, et non à deux, comme actuellement." F. Fillon - L’Express 25/03/2008

Roger Karoutchi, en brave petit soldat de l’UMP, explique que "le scrutin actuel est inique, injuste et très complexe" (Le Figaro - 28/03/2008). C’est drôle mais je suis à peu près certain qu’il défendait une position résolument contraire en 2003! Sacré Roger! Et dire qu’il pourrait être tête de liste UMP aux dites élections régionales en Ile de France. Décidément, l’UMP, en ce moment, c’est un véritable élevage de champions!

Le plus drôle, c’est que même Raffarin critique sa propre réforme:

"Le scrutin actuel est mauvais dans la mesure où on est dans une logique de parti unique (sic!) : on n’a plus de réserve de voix pour le second tour, on l’a d’ailleurs souvent constaté aux municipales cette année." Jean-Pierre Raffarin - Le Figaro 28/03/2008

On se dirige donc tout droit vers un scrutin proportionnel à un tour avec une bonne grosse prime à la liste arrivée en tête. Bref, le plus gros parti est assuré de gagner les élections. Comme aujourd’hui l’UMP pèse plus que le PS, la nouvelle "machine à gagner" devrait permettre au parti sarkoziste de regagner plusieurs régions. Et accessoirement, le nouveau mode de scrutin pourrait se révéler utile pour limiter les ambitions électorales du Mouvement Démocrate: avec un tel mode de scrutin, il faut "voter utile". Pas voter pour ses convictions.

Une fois réglé le problème des régionales, il ne restera plus au gouvernement qu’à nous faire un petit redécoupage des circonscriptions électorales en vue des législatives de 2013… Cela parait bien lointain.  Pourtant, discrètement, François Fillon vient de faire entrer dans son gouvernement Alain Marleix (un spécialiste de la carte électorale) en tant que secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités Territoriales… En 1986, Charles Pasqua (ministre de l’Intérieur de Chirac) avait déjà charcuté la carte électorale à l’avantage du RPR. Alain Marleix était alors conseiller auprès du ministre de l’Intérieur… On ne change pas une équipe qui gagne!

C’est étonnant mais on entend rarement les mots "démocratie" et "pluralisme" chez les "spécialistes de la carte électorale"… 

En 1951 déjà, les partis au pouvoir votèrent une nouvelle loi électorale, la "loi des apparentements" dont l’objectif était d’empêcher les communistes et les gaullistes d’accéder au pouvoir. Ce dispositif était très efficace. Et il fonctionna à merveille. Jusqu’à tuer la IVème République!

Photo: Fabbriciuse sur Flickr 

 



Tag(s): PS

Les socialos, au boulot!

24/03/2008 | 5 Commentaires

Il y a un peu plus d’une semaine, j’écrivais: "le PS ne changera pas". Je concluais mon billet par ces mots (oui, je sais, je me cite!):

"J’ai cru un moment que le choc de la présidentielle allait forcer le PS à changer et à se remettre en cause. Je n’y crois plus une seconde. On dit souvent qu’il faudrait un électrochoc pour faire évoluer ce parti. Or, des électrochocs, il y en a eu plusieurs. L’encéphalogramme est plat. Inutile d’insister."

Et, aujourd’ui, j’ai la preuve que j’avais raison… Il suffit d’aller lire les billets du jour de Marc Vasseur et de Intox2007 (et surtout le fil de commentaires qui suit)! Les socialistes étaient unis jusqu’aux municipales. Vaste blague! Ils redécouvrent qu’ils n’ont pas de projet, pas de leader et qu’ils ne s’entendent sur rien.

Et franchement, ça ne me fait plus rire…

 

Lire également: 

–> Le parti socialiste ne changera pas
–> La fin du parti socialiste?

 



Tag(s): UMP, Sarkozy, Méhaignerie

UMP: premiers craquements?

22/03/2008 | 3 Commentaires

 tout devient possible

Le 15 février 2008, l’improbable trio Villepin-Royal-Bayrou signait un appel à la vigilance républicaine publié dans l’hebdomadaire Marianne.

Le 21 mars, c’est au tour de vingt députés de la majorité de marquer leur différence et de lancer un appel, dans le quotidien "Les Echos" cette fois-ci: "Les réformes sont indispensables, elles doivent être justes".

Les signataires sont majoritairement des membres des courants "centriste" et libéral de l’UMP, regroupés pour l’occasion derrière Pierre Méhaignerie. L’ancien patron du CDS (la composante "démocrate-chrétienne" de l’ancienne UDF), rallié à l’UMP dès 2002, marque peut-être également ici le mécontentement des anciens UDF embrigadés dans l’UMP (ou le Nouveau Centre) qui sont finalement bien peu représentés au gouvernement et dont les positions politiques ne sont que très rarement prises en compte. [il vous l’avait pourtant bien dit!].

On y retrouve aussi Charles de Courson (député Nouveau Centre, ancien proche de François Bayrou), Thierry Benoît (député "non inscrit", élu sous l’étiquette MoDem), Michel Bouvard (UMP, spécialiste des questions budgétaires), Laurent Hénart (UMP-Radical). Vingt députés qui signent un appel… c’est en soi une mise en garde sérieuse: c’est déjà suffisant pour créer un groupe parlementaire. L’opposition interne serait-elle en train de s’organiser? A quand un appel des villepinistes?

Sous une forme assez sobre, il s’agit bien d’un réquisitoire contre les réformes engagées par Nicolas Sarkozy depuis son accession au trône son élection à la Présidence de la République: critique du "paquet fiscal", demande d’inflexion de la politique fiscale en faveur des salariés à bas revenu,… Nos députés rebelles prennent pourtant bien garde de ne pas franchir la ligne jaune et affirment à plusieurs reprise leur soutien aux réformes engagées (qu’ils critiquent vertement deux lignes plus bas).

"Nous soutenons la volonté de réforme du gouvernement, mais nous restons très vigilants vis-à-vis du contenu des réformes, qui ne peuvent se faire sans esprit de justice." C’est marrant: même à l’UMP, on ressent le besoin d’être "vigilants" vis-à-vis du Président de la République!

 

 

 ———————————————————————-

Les réformes sont indispensables, elles doivent être justes
Les Echos - 21 mars 2008 

"Seule l’action réformatrice du gouvernement permettra à la France de retrouver le plein-emploi et de redonner aux Français confiance dans l’avenir. A l’issue des élections municipales, nous voulons et nous devons poursuivre les réformes, même les plus difficiles. Mais nous savons qu’elles ne seront acceptées et soutenues par les Français que si elles sont marquées du sceau de la justice. Comment et dans quel sens agir alors que nous sommes face à trois contraintes ?

· La contrainte de la dette et des déficits. Toute aggravation ruinerait la confiance en l’avenir et la solidarité à l’égard des jeunes générations. Dans le domaine des dépenses publiques, de nombreux redéploiements sont possibles et nécessaires.

· La contrainte liée à la forte progression des dépenses sociales.Dans une récente étude du CERC, il est démontré qu’au cours des quinze dernières années, l’accroissement du pouvoir d’achat s’est fait essentiellement par les prestations sociales, par le salaire différé plutôt que par le salaire direct.

· La contrainte internationale, qui tire les classes moyennes vers le bas et les classes supérieures vers le haut, creusant les inégalités.

Face à ces trois contraintes, nous devons trouver un nouvel équilibre entre exigence d’efficacité et exigence de justice sociale.

Il nous faut améliorer le minimum vieillesse, les pensions de réversion et le pouvoir d’achat des salariés à bas revenus. Cela passe, non par des dépenses publiques supplémentaires, mais par un effort fiscal plus justement réparti. Le paquet fiscal, dont les mesures sont pour l’essentiel orientées vers les classes moyennes, doit être complété soit par un plafonnement des niches fiscales et sociales, soit par la mise en oeuvre d’un impôt minimum sur la dernière tranche d’imposition. Il ne s’agit pas de créer un nouvel impôt, mais de faire en sorte que l’empilement des niches en matière d’impôt sur le revenu ne puisse réduire ce dernier de plus de 60 %. En effet, les plus hauts revenus ne doivent pas pouvoir s’exonérer totalement de l’impôt. C’est un objectif de justice fiscale et sociale. Redéployer ainsi ces 800 millions d’euros vers les retraites les plus faibles et la prime pour l’emploi est donc non seulement possible mais nécessaire.

150.000 jeunes sortent du système scolaire sans le moindre diplôme, et particulièrement les jeunes des banlieues. Nous devons réformer profondément notre formation professionnelle qui est actuellement illisible, opaque et qui favorise la bureaucratie. Ses crédits, qui représentent plus de 20 milliards d’euros, doivent en partie être redéployés vers ceux qui sont les plus fragiles.

La réforme des retraites à venir doit être imprégnée de l’exigence de justice, comme elle le fut en 2003 en permettant à ceux qui ont commencé à travailler jeunes de partir plus tôt à la retraite. Le différentiel d’espérance de vie restant l’inégalité majeure de notre société, le travail posté, le travail de nuit, les métiers difficiles doivent être pris en compte lors du rendez-vous des retraites de 2008.

Les inégalités d’accès à la propriété ont été largement corrigées grâce aux mesures engagées par le gouvernement. Si nous voulons qu’elles jouent pleinement leur rôle, elles doivent être encore simplifiées. Par ailleurs, la rotation dans le parc HLM peut être fortement accrue grâce à deux mesures applicables depuis le 1er janvier : la location accession et le pass foncier. Grâce à elles, il est aujourd’hui possible d’accéder à la propriété dans la majorité des villes et des zones rurales, avec des mensualités voisines de 550 euros par mois.

Nous soutenons la volonté de réforme du gouvernement, mais nous restons très vigilants vis-à-vis du contenu des réformes, qui ne peuvent se faire sans esprit de justice.

Les ouvriers et les employés, qui ont été les grands perdants des deux septennats de François Mitterrand, ont largement contribué à l’élection de Nicolas Sarkozy. Nous devons et nous pouvons répondre à leurs attentes. Mais la confusion trop facile entre socialisme et social impose à la droite et au centre un effort beaucoup plus important de pédagogie, avec des objectifs lisibles, mesurables, vérifiables.

C’est ainsi que nous répondrons au dilemme de toute société. Trouver le bon équilibre entre deux exigences : plus d’efficacité et davantage de justice."

Les députés signataires sont : PIERRE MÉHAIGNERIE (UMP), Ille-et-Vilaine ; JEAN-PAUL ANCIAUX (UMP), Saône-et-Loire ; BENOIST APPARU (UMP), Marne ; THIERRY BENOIT (NI), Ille-et-Vilaine ; CLAUDE BIRRAUX (UMP), Haute-Savoie ; EMILE BLESSIG (UMP), Bas-Rhin ; MICHEL BOUVARD (UMP), Savoie ; YVES BUR (UMP), Bas-Rhin ; GÉRARD CHERPION (UMP), Vosges ; JEAN-LOUIS CHRIST (UMP), Haut-Rhin ; CHARLES DE COURSON (Nouveau Centre), Marne ; MARC-PHILIPPE DAUBRESSE (UMP), Nord ; PASCALE GRUNY (app. UMP), Aisne ; LAURENT HÉNART (UMP), Meurthe-et-Moselle ; ANTOINE HERTH (UMP), Bas-Rhin ; ETIENNE PINTE (UMP), Yvelines ; MICHEL PIRON (UMP), Maine-et-Loire ; FRÉDÉRIC REISS (UMP), Bas-Rhin ; JEAN-MARIE ROLLAND (UMP), Yonne ; VALÉRIE ROSSO-DEBORD (UMP), Meurthe-et-Moselle.


Tag(s): MoDem, Projet démocrate, Bayrou

Petit MoDem deviendra grand.

16/03/2008 | 9 Commentaires

Flickr

Alors, enterré le Mouvement Démocrate?

François Bayrou ne réussit pas son pari à Pau. On se gausse. Ce soir, à nouveau, on moque le Mouvement Démocrate. A droite. Et à gauche. Mais à travers lui, ce sont les aspirations de ses électeurs que l’on moque. On ferait mieux de les écouter.

Il faut dire que les résultats du MoDem ne sont pas bons. Tactique illisible. Mais pouvait-on faire autrement? Le scrutin électoral municipal ne se prête guère à un positionnement différent de celui du traditionnel droite-gauche. On le savait. Il faut faire le dos rond dans ces cas là.
Le MoDem, dans ces élections, c’était un peu un "optimist" qui se présente au départ de la course de l’América: face aux "classe A", on a beau être plus agile à la manoeuvre, on manque un peu de surface de voile…
Alors, enterré le Mouvement Démocrate? J’attends avec impatience les analyses de demain prédisant la fin de l’aventure "centriste", le retour à la "bipolarisation de la vie politique française".


 
Un projet porteur
 

Pourtant, bien au contraire, il me semble qu’à compter d’aujourd’hui, le MoDem est promis à un bel avenir…
Tout d’abord, parce que le message porté par François Bayrou à la présidentielle est toujours d’actualité. Je dirais même que, face à l’action du gouvernement, cette actualité est de plus en plus criante.
Le MoDem est porteur d’un projet réellement original  et en phase avec les attentes de nombreux  Français. Les grandes lignes de ce projet sont connues. La feuille de route, c’est cet excellent article de François Bayrou à la revue Commentaires: "du centre au projet démocrate". 
 
C’est en tout cas mon MoDem,

- un mouvement dont la démocratie est la valeur première (redonner son rôle au Parlement, établir des contre-pouvoirs, redonner le contrôle de la politique aux citoyens),

- un mouvement fondamentalement décentralisateur, où l’Etat s’appuie sur les "corps intermédiaires" et n’essaye pas de tout organiser,

- un mouvement ouvertment favorable à l’économie de marché et à la concurrence mais qui rejette les connivences entre le pouvoir politique et les pouvoirs économiques.
- un mouvement enfin qui place l’homme au coeur de ses préoccupations: il ne s’agit pas seulement de gérer plus ou moins bien le pays, de scruter les indicateurs économiques, la croissance, le commerce extérieur, le taux de chômage et l’inflation; mais bien de gérer le pays pour le bien de ses habitants. Cette évidence a depuis longtemps été perdue de vue. Le "développement durable" et le "social" ne sont pas des éléments de l’action politique: ils en constituent le but ultime; ils guident l’action.

 

Si le MoDem, ce n’est pas ça, dites le moi tout de suite. Si le MoDem, c’est juste faire travailler ensemble les "meilleurs", ça ne m’intéresse pas: nous ne sommes pas là pour distribuer les bons points mais pour défendre nos idées. Que celles-ci rencontrent l’adhésion populaire et, instantanément, les bonnes volontés de droite et de gauche viendront y contribuer.

Quant à savoir si nous sommes de centre-droit ou de centre-gauche, cela m’importe bien peu dans le fond. Disons que nous sommes au-dessus. En haut.


 

Un parcours semé d’embuches
 

Rien n’est gagné bien évidemment. Je reste optimiste. Mais pas d’un optimisme béat.

Les effectifs du Mouvement Démocrate vont sans-doute fondre dans les mois à venir (ceux du PS et de l’UMP aussi d’ailleurs…). Découragement des uns. Impatience des autres. Ne leur en voulons pas. Ils ne partent pas parce qu’ils ne croient plus au message du MoDem. Mais parce qu’ils craignent que le MoDem ne se perde en route et oublie ce message. A nous de leur donner envie de revenir.


On va sans doute encore essayer de déstabiliser le MoDem par quelques débauchages ministériels. Essayer d’attirer tel ou tel dans une "commission de réflexion". Les manoeuvres politiciennes vont continuer. Que d’énergie dépensée à saper un mouvement dont on nie pourtant l’importance!
 

Enfin, au sein du MoDem, des ambitions personnelles vont se révéler. C’est bien. Nous avons besoin de nouvelles têtes. Mais, par pitié, évitons les coups tordus!

 

Du temps pour construire

Traversée du désert? Peut-être. Mais le MoDem a désormais du temps pour étayer son projet. C’est un luxe rare en politique. Du temps. Du temps pour s’ouvrir sur la société, écouter, écouter encore. Le projet ne se fera pas sur un forum internet mais par des rencontres thématiques avec des professionnels, des intellectuels, avec la société civile, les citoyens. C’est un travail sérieux, un travail de fond qui reste à réaliser.

 

 

Un patron


Autre atout de taille enfin pour le MoDem: François Bayrou. C’est même son principal "actif". Et c’est très bien ainsi. Car il ne flanchera pas.

 

 
Des échéances électorales favorables

Si ce travail de fond est fait, le Mouvement Démocrate créera vraisemblablement la surprise lors des prochaines échéances électorales: les européennes et les régionales ont cette spécificité d’être des élections à la proportionnelle… Ou le projet a plus d’importance que les petits jeux électoraux.

Tant mieux! "Projet contre projet": le MoDem jouera enfin dans sa catégorie.

 
Lire également:

–>Reconstruire la maison France
–> du "centre" au projet démocrate

–> le site du Mouvement Démocrate

 

Photo: blimpa sur Flickr



Tag(s): PS, Royal, Delanoë, Mélenchon

Le Parti Socialiste ne changera pas

15/03/2008 | 30 Commentaires

Flickr

Le PS ne changera pas. Jamais. Il faudra bien s’y faire…

Le parti socialiste n’est pas divisé en deux clans opposés: d’un côté les socio-démocrates, réalistes, raisonnables et de l’autre, les socialistes à la mode de papa, archaïques et dépassés. La frange archéo-socialiste, représentée par le sympathique sénateur Mélenchon, ne représente quasiment rien au sein du parti socialiste.  La grande majorité des militants et des élus socialistes n’a pas grand chose à voir avec cette gauche là. C’est juste un élément du folklore du parti. De ce fait, un scénario à l’allemande, avec une scission et la création d’un parti à la gauche du PS me semble de plus en plus improbable… Par conséquent aussi, un rapprochement de l’aile modérée du PS avec le centre rénové s’éloigne de plus en plus.

Les courants internes au sein du parti socialiste ne sont plus depuis longtemps des courants de pensée. Juste des écuries présidentielles. En surnombre, ce qui nuit à leur efficacité. Le problème de leadership est loin d’être résolu. Que l’un des leur apparaissent un instant pouvoir prendre le dessus (Ségolène Royal hier, Bertrand Delanoë demain) et il focalise immédiatement toute l’énergie négative des autres.

Car le parti socialiste aujourd’hui est avant tout un club d’élus locaux, de petits barons, sans idéologie précise. Ah, si, au moment des élections, ils sont vaguement de "gauche". En tout cas, ils le proclament, le chantent, le crient, la main sur le coeur… sans définir clairement ce que signifie pour eux ce mot: la "gauche". Concept de plus en plus creux mais permettant de rassembler plus ou moins 50% de l’électorat.

Mais ensuite, comme tous les autres, il gèrent le plan de circulation de leur ville, installent des caméras de vidéo-surveillance pour assurer la sécurité de leurs concitoyens et mettent tout en oeuvre pour attirer les entreprises sur leur sol en créant des zones d’activités.

Certains de ces barons sont brillants et ont été réélus facilement dès le premier tour de ces municipales ou le seront au second tour. Tant mieux pour les villes qu’ils administrent.

Sans idéologie précise? A part la dénonciation de la droite au pouvoir, quelle alternative présente le PS? Face à une droite de plus en plus conservatrice, le PS ne présente pas à ce jour une alternative crédible. J’ai l’impression que le parti socialiste serait bien embêté s’il se retrouvait au pouvoir demain.

Mais après tout, il n’a même plus besoin d’idéologie puisque les Français ne lui confient plus de responsabilités nationales; les électeurs font juste confiance aux socialistes pour leurs capacités de gestionnaires locaux ou, plus prosaïquement, les utilisent pour envoyer des messages de mécontentement au pouvoir de droite.

Au niveau national, le message du parti socialiste est de plus en plus creux. Aucun principe directeur admis par l’ensemble de ses membres si ce n’est la défense de grands principes souvent vidés de leur sens. Le message social n’existe plus. Il a été remplacé depuis longtemps par un message plus "sociétal". On ne défend plus les intérêts des travailleurs mais on fait des manifs et des pétitions pour les sans-papiers. C’est bien sans-doute mais c’est un peu juste… C’est en tout cas plus facile d’organiser une manif de temps en temps que d’apporter des solutions concrètes aux problèmes de précarisation (de paupéraisation même) de la société française.

J’ai cru un moment que le choc de la présidentielle allait forcer le PS à changer et à se remettre en cause. Je n’y crois plus une seconde. On dit souvent qu’il faudrait un électrochoc pour faire évoluer ce parti. Or, des électrochocs, il y en a eu plusieurs. L’encéphalogramme est plat. Inutile d’insister.

 

Lire également:

–> PS: où sont passés les adhérents?
–> La fin du parti socialiste?
–> Réalisme socialiste 

 

Photo: brilliant onion sur Flickr 



Tag(s): MoDem

MoDem: le plus grand des petits partis

10/03/2008 | 6 Commentaires

Flickr

Bon, petite déception quand même à l’issue du premier tour des municipales. Le MoDem est donc aujourd’hui le plus grand des petits partis… Mais, après tout, la construction du Mouvement Démocrate s’inscrit dans la durée. Ces municipales s’annonçaient difficiles… Elles le sont.

J’ai lu beaucoup de réactions des blogeurs du MoDem depuis deux jours. Je ne souscrit pas à toutes les analyses, loin de là.
* Je pense que le MoDem n’a pas encore fait ses preuves et que les électeurs ont encore besoin d’être rassurés sur le contenu réel du projet démocrate et sur la capacité de nos élus à tenir le cap. Bref, à ne pas aller à la soupe…
* Par ailleurs, les candidats du Mouvement Démocrate souffraient pour beaucoup d’un déficit de notoriété flagrant. Un handicap de poids dans une élection locale très personnalisée. Pas la peine de se lamenter: ils ont fait leurs premières armes et seront connus et reconnus par les électeurs aux prochaines échéances électorales. Le renouvellement du personnel politique est positif. On n’a jamais dit que ça serait facile.
* L’option tactique de présenter des listes indépendantes (presque) partout me semblait juste. D’abord parce qu’un parti a besoin de se présenter devant les électeurs pour s’évaluer. D’autre part, parce que toute alliance globale était prématurée, le PS et l’UMP ne sont pas prêts à faire la moindre petite place au nouvel entrant. On ne va pas les en blâmer. D’autant plus que le Modem n’a pas atteint la taille critique pour imposer quoi que ce soit à d’éventuels partenaires.
 
Un regret toutefois: le message sur les éventuelles alliances au second tour n’est, à mon avis, pas passé.
Les électeurs de droite modérée ont sans doute hésité à voter MoDem malgré leur envie de se démarquer de l’UMP de Sarkozy… de peur de voir le MoDem se jeter dans les bras du PS au second tour.
Quant à l’électorat modéré de gauche, il n’est pas encore convaincu que le MoDem n’est plus l’UDF…
Annoncer que la ligne d’indépendance valait pour les deux tours aurait peut-être permis d’élargir la base électorale. Cela aurait en tout cas été plus simple et plus lisible.
 
 
Mais ce que j’ai envie de retenir de ce premier véritable test électoral du MoDem, c’est le bon score de Kévin Izorce et de son équipe à Saint-Nazaire. Je ne le connais pas et je ne suis pas nazairien, mais j’ai envie de lui dire "chapeau bas!".
Sa liste "Saint Nazaire autrement" se place en seconde position derrière la liste du maire PS sortant, avec plus de 18% des voix (il avait fait un peu plus de 12% aux élections législatives).
* Kévin Izorce a 24 ans.
* Il a constitué une liste qui ressemble aux habitants de sa ville: une conductrice de bus, un soudeur, une assistante de direction, un employé de banque, une retraitée, une avocate…
* Une équipe et un projet d’équipe. Basé sur une philosophie simple: "il existe un espace entre l’autosatisfaction et la critique systématique."
* Un projet ancré dans le local: rénovation de l’habitat collectif, cantines scolaires, tarification des transports publics, … du concret, rien que du concret!
* Et, en plus, mise en avant de l’identité MoDem de la liste (genre "total look mandarine"!).  
 
Bonne chance à "Saint Nazaire autrement"pour le second tour!
Bonne chance à tous les candidats démocrates encore en lice! 
 
 
Lire également:
 
–>  Du centre au projet démocrate
 –> Les blogs MoDem m’emmerdent
 
 
Photo: Darwin Bell sur Flickr 



Tag(s): Politique, PS, MoDem, UMP

Municipales: les résultats en avant-première

06/03/2008 | 6 Commentaires

Flickr

Eh oui, sans avoir de don de voyance, je crois pouvoir vous annoncer dès maintenant les résultats des élections municipales et les premiers enseignements que l’on ne manquera pas d’en tirer. Voici donc ce que pourrait donner l’analyse des résultats au lendemain du second tour:

Ces élections municipales viennent confirmer ce que les sondages nous disent depuis le début de l’année: le Président Sarkozy, de plus en plus impopulaire, se voit sanctionner par les électeurs. Une mise en garde sévère qui ne devrait pourtant pas faire changer de cap au gouvernement et ce, qu’il y ait remaniement ministériel ou non.

Du côté du Parti Socialiste, c’est l’euphorie. Cette soirée électorale n’est pas sans rappeler la large victoire de la gauche aux régionales de 2004…

Toutefois, les leaders de l’UMP ont tenu tout au long de la soirée à signaler que le raz-de-marée rose-rouge annoncé n’a pas eu lieu. Quelques maires sortants UMP mis en situation critique à l’issue du premier tour ont ainsi réussi à refaire leur retard au second tour.

Du côté du MoDem, on se félicite également: les résultats restent en deça du score exceptionnel de François Bayrou à la Présidentielle mais marquent l’ancrage du nouveau parti dans le paysage politique français.

Et le lendemain, on aura tout oublié. Les Français auront de nouveaux maires dont ils découvriront bien souvent a posteriori les programmes: comment, il est en faveur du tramway, celui-là? Quoi, une rocade de contournement? L’aménagement pietonnier du port, et puis quoi encore? etc.etc.

Les élections municipales sont des élections locales. Pourtant, la plupart des analyses et des commentaires portent sur un prétendu enjeu national. En réalité, cet "enjeu national" sera de courte portée: il se limitera au temps d’une soirée électorale et à la lecture des éditos dans la presse du lendemain.

Voter pour dire "non" à Sarkozy (ou pour lui dire "oui", c’est selon après tout), c’est sans doute tentant. Mais c’est aussi dommage/triste/risqué car ces élections sont importantes pour le quotidien des Français et les enjeux locaux mériteraient d’être réellement débattus. 

Alors, comment redonner ses lettres de noblesse à notre démocratie locale? A mon avis, tant que tous les Français seront appelés aux urnes le même jour pour des élections locales, les réels enjeux resteront brouillés.

Et si les municipales étaient organisées tous les ans, en fonction des régions: en année 1, la Bretagne, l’Auvergne et la Provence choisiraient leurs maires; en année 2, l’Alsace, l’Aquitaine et le Nord-Pas-de-Calais; et ainsi de suite… Difficile à mettre en pratique, je le sais bien. Mais tellement plus sain, non?

 

Photo: mariannes sanglantes par citron bleu sur Flickr 



Tag(s): Vidéo, MoDem

Rendez-nous nos ballons!

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais nos hommes politiques ont quelques problèmes avec les codes couleur ces derniers temps.

Auparavant, c’était simple: à droite, le matériel électoral état bleu; à gauche, les tracts et les affiches étaient rouges, voire roses; chez les écologistes, l’herbe était, comme il se doit, plus verte qu’ailleurs.

Et puis, en 2007, le orange a fait son apparition. Et depuis, il est partout… Il s’invite sur tous les sites de campagne, tous les programmes électoraux, toutes les affiches de propagande…

Le orange serait-il à la mode? En politique en tout cas, sans aucun doute.

 

Un petit post sans queue ni tête que j’illustre avec une vidéo trouvée chez "La Mécanique Orange". Rendez nous nos ballons




Tag(s): MoDem, UMP, Sarkozy

Municipales: comme disait l’autre…

04/03/2008 | 9 Commentaires

Casse-toi pauvre con!

Dessin: Grozbulles