Tag(s): MoDem, Projet démocrate, Nouveau Centre, PRG, Parti Radical, Centristes égarés

Réunir les centres?

13/04/2008 | 5 Commentaires

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Il y a quelques jours, le blog du démocrate lançait une "adresse à nos amis radicaux, démocrates et libéraux", soulignant la proximité entre les démocrates, le radicaux, les démocrates-chrétiens et les libéraux. Je reprends ici la conclusion de ce billet:

"Sommes-nous condamnés à nous diviser sur le secondaire alors que notre identité politique, la question principale, nos valeurs, sujet essentiel, sont les mêmes?"

Et mon commentaire à la suite de ce billet:


Je partage presque intégralement cette analyse sur la proximité idéologique entre les démocrates et les divers “centristes égarés”. Mais à la question finale, je réponds que, oui, nous sommes condamnés à être divisés…

Il y a deux types de mouvements politiques en France:
1. Ceux qui osent affronter les électeurs sur leur programme, leurs idées: l’UMP, le PS, la gauche radicale (LCR), le Modem, le FN et (depuis peu à nouveau) les Verts;
2. Ceux qui n’osent pas. Des groupuscules parasitaires qui s’associent aux précédents pour survivre: le Nouveau Centre, le PRG, le PCF, le Parti Radical, etc (la liste est longue!).
C’était le cas aussi de l’UDF naguère…

L’idée de réunir les diverses formations “centristes” autour du MoDem peut paraitre attirante; mais elle me semble peu effective. Ou en tout cas prématurée.
L’important, ce n’est pas de réunir des appareils politiques, c’est de convaincre des électeurs.
Que le MoDem réussisse son pari et prenne sa place centrale sur l’échiquier politique et, alors, ces diverses formations centristes viendront naturellement s’y associer. En attendant, toute idée de “confédération des centres” me semble plutôt s’inscrire dans une logique de phagocytation du MoDem par l’UMP, la plupart de ces formations ayant tout de même fait le choix de soutenir inconditionnellement Nicolas Sarkozy.
Je me reconnais une proximité idéologique évidente avec un Jacques Delors ou un Pierre Méhaignerie. Je les respecte et j’apprécie souvent leurs analyses. Mais je n’oublie jamais que ce sont des adversaires politiques.
Les divers “centristes égarés” ont des objectifs différents de ceux du MoDem: pour certains de ces “partis”, la seule raison d’être n’est d’ailleurs que l’opposition au MoDem (Nouveau Centre).
Alors, oui, gardons des liens et engageons le dialogue avec les militants de ces formations. Mais ne rêvons pas d’unir les centres. Ce qu’il faut unir, ce sont les Français autour des valeurs démocrates. Le reste suivra…
Parlons aux Français au lieu de parler aux centristes. Sinon, nous finirons comme les socialistes qui passent leur temps à parler de la gauche au lieu de parler à la France.


Il faut rendre à César ce qui appartient à César… J’ai piqué l’expression "centristes égarés" à l’Hérétique, éminent blogueur démocrate (mais, après tout, il ne l’utilisait plus). J’en profite pour signaler son initiative de créer un widget "Alliance Centriste" regroupant des blogs de militants du MoDem et d’autres formations centristes. L’occasion d’entamer le dialogue avec les "centristes égarés".

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Tag(s): MoDem, Projet démocrate, Bayrou

Petit MoDem deviendra grand.

16/03/2008 | 6 Commentaires

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Alors, enterré le Mouvement Démocrate?

François Bayrou ne réussit pas son pari à Pau. On se gausse. Ce soir, à nouveau, on moque le Mouvement Démocrate. A droite. Et à gauche. Mais à travers lui, ce sont les aspirations de ses électeurs que l’on moque. On ferait mieux de les écouter.

Il faut dire que les résultats du MoDem ne sont pas bons. Tactique illisible. Mais pouvait-on faire autrement? Le scrutin électoral municipal ne se prête guère à un positionnement différent de celui du traditionnel droite-gauche. On le savait. Il faut faire le dos rond dans ces cas là.
Le MoDem, dans ces élections, c’était un peu un "optimist" qui se présente au départ de la course de l’América: face aux "classe A", on a beau être plus agile à la manoeuvre, on manque un peu de surface de voile…
Alors, enterré le Mouvement Démocrate? J’attends avec impatience les analyses de demain prédisant la fin de l’aventure "centriste", le retour à la "bipolarisation de la vie politique française".


 
Un projet porteur
 

Pourtant, bien au contraire, il me semble qu’à compter d’aujourd’hui, le MoDem est promis à un bel avenir…
Tout d’abord, parce que le message porté par François Bayrou à la présidentielle est toujours d’actualité. Je dirais même que, face à l’action du gouvernement, cette actualité est de plus en plus criante.
Le MoDem est porteur d’un projet réellement original  et en phase avec les attentes de nombreux  Français. Les grandes lignes de ce projet sont connues. La feuille de route, c’est cet excellent article de François Bayrou à la revue Commentaires: "du centre au projet démocrate". 
 
C’est en tout cas mon MoDem,

- un mouvement dont la démocratie est la valeur première (redonner son rôle au Parlement, établir des contre-pouvoirs, redonner le contrôle de la politique aux citoyens),

- un mouvement fondamentalement décentralisateur, où l’Etat s’appuie sur les "corps intermédiaires" et n’essaye pas de tout organiser,

- un mouvement ouvertment favorable à l’économie de marché et à la concurrence mais qui rejette les connivences entre le pouvoir politique et les pouvoirs économiques.
- un mouvement enfin qui place l’homme au coeur de ses préoccupations: il ne s’agit pas seulement de gérer plus ou moins bien le pays, de scruter les indicateurs économiques, la croissance, le commerce extérieur, le taux de chômage et l’inflation; mais bien de gérer le pays pour le bien de ses habitants. Cette évidence a depuis longtemps été perdue de vue. Le "développement durable" et le "social" ne sont pas des éléments de l’action politique: ils en constituent le but ultime; ils guident l’action.

 

Si le MoDem, ce n’est pas ça, dites le moi tout de suite. Si le MoDem, c’est juste faire travailler ensemble les "meilleurs", ça ne m’intéresse pas: nous ne sommes pas là pour distribuer les bons points mais pour défendre nos idées. Que celles-ci rencontrent l’adhésion populaire et, instantanément, les bonnes volontés de droite et de gauche viendront y contribuer.

Quant à savoir si nous sommes de centre-droit ou de centre-gauche, cela m’importe bien peu dans le fond. Disons que nous sommes au-dessus. En haut.


 

Un parcours semé d’embuches
 

Rien n’est gagné bien évidemment. Je reste optimiste. Mais pas d’un optimisme béat.

Les effectifs du Mouvement Démocrate vont sans-doute fondre dans les mois à venir (ceux du PS et de l’UMP aussi d’ailleurs…). Découragement des uns. Impatience des autres. Ne leur en voulons pas. Ils ne partent pas parce qu’ils ne croient plus au message du MoDem. Mais parce qu’ils craignent que le MoDem ne se perde en route et oublie ce message. A nous de leur donner envie de revenir.


On va sans doute encore essayer de déstabiliser le MoDem par quelques débauchages ministériels. Essayer d’attirer tel ou tel dans une "commission de réflexion". Les manoeuvres politiciennes vont continuer. Que d’énergie dépensée à saper un mouvement dont on nie pourtant l’importance!
 

Enfin, au sein du MoDem, des ambitions personnelles vont se révéler. C’est bien. Nous avons besoin de nouvelles têtes. Mais, par pitié, évitons les coups tordus!

 

Du temps pour construire

Traversée du désert? Peut-être. Mais le MoDem a désormais du temps pour étayer son projet. C’est un luxe rare en politique. Du temps. Du temps pour s’ouvrir sur la société, écouter, écouter encore. Le projet ne se fera pas sur un forum internet mais par des rencontres thématiques avec des professionnels, des intellectuels, avec la société civile, les citoyens. C’est un travail sérieux, un travail de fond qui reste à réaliser.

 

 

Un patron


Autre atout de taille enfin pour le MoDem: François Bayrou. C’est même son principal "actif". Et c’est très bien ainsi. Car il ne flanchera pas.

 

 
Des échéances électorales favorables

Si ce travail de fond est fait, le Mouvement Démocrate créera vraisemblablement la surprise lors des prochaines échéances électorales: les européennes et les régionales ont cette spécificité d’être des élections à la proportionnelle… Ou le projet a plus d’importance que les petits jeux électoraux.

Tant mieux! "Projet contre projet": le MoDem jouera enfin dans sa catégorie.

 
Lire également:

–>Reconstruire la maison France
–> du "centre" au projet démocrate

–> le site du Mouvement Démocrate

 

Photo: blimpa sur Flickr



Tag(s): MoDem, Projet démocrate, Bayrou

Reconstruire la maison France

12/02/2008 | Commenter »

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François Bayrou réunissait hier la "Convention municipale" du Mouvement Démocrate. Revue de presse a priori classique: il nous a reparlé de la stratégie du Modem pour les élections municipales, théorisé sur l’enjeu local de ces élections et les majorités d’idées. Intéressant. Mais pas passionnant.

Et puis, il est revenu sur l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, de sa fameuse petite phrase: "Je ne voterai pas Nicolas Sarkozy".

"J’étais pour le reste profondément inquiet, mais je dois dire que mon inquiétude n’allait pas jusqu’à imaginer que les choses iraient aussi vite. Je n’aurais pas imaginé la nuit du Fouget’s. Je n’aurais pas imaginé l’utilisation perpétuelle de la vie privée, le goût affiché pour le showbiz, le luxe, le train de vie à grand…. Tout cela qui est, selon moi, en contradiction directe avec la France, en tout cas, avec ce que je crois être l’esprit, la tradition et l’âme de la France (…) Je n’aurais pas imaginé que l’on aurait en même temps la mise en cause des piliers de notre pays et de notre République, la liberté, l’indépendance de la presse, d’un côté, et la laïcité, de l’autre."

Alors que le Président de la République chute à nouveau dans les sondages (il en est à 39% d’opinions favorables), Bayrou voit les événements lui donner raison. Et il parle de l’avenir. Pas des élections municipales et cantonales du mois prochain. Non. De l’après-sarkozysme. De la Reconstruction.
 
"Le temps viendra donc assez vite je le crains où la question sera celle de la reconstruction d’un projet national."
"La reconstruction qui s’imposera concernera toute la maison France, fondations comprises et il ne s’agira pas de changer la maison, mais de lui permettre de traverser les temps nouveaux avec leurs orages, enfin, en bonne santé et en bonne forme.
Quand viendra le temps et l’urgence d’une telle construction, je vous le dis comme je le pense, il faudra que se rapprochent et se rassemblent les grandes familles qui ont fait la République, comme elles ont accepté de se rapprocher et de se rassembler à la libération et comme elles l’ont fait en 1958 (…) il faudra une alliance des démocrates et des républicains, une alliance des reconstructeurs. Il faudra un jour, et plus vite qu’on ne croit peut-être, que puissent parler et travailler ensemble pour préparer une alternative des forces de gauche, des forces du centre, démocratiques et la partie la plus consciente de la droite républicaine, parlent non pas en femmes et en hommes politiques, mais en femmes et hommes d’État."

 

Des noms! des noms! Qui seraient ces reconstructeurs?

Et l’après-Sarkozy, ça commence quand? Moi, j’suis prêt. Le champagne est déjà au frais!

 

–> la vidéo sur le site du Modem (problème de son malheureusement)

–> le discours de François Bayrou 

 

 Photo:~Panache sur Flickr



Tag(s): lectures, MoDem, Projet démocrate, Bayrou

Du centre au projet démocrate

07/01/2008 | Commenter »

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Dans un entretien à la revue "Commentaire" (Automne 2007), François Bayrou présente les fondations du projet démocrate. 

J’en reproduis ici quelques extraits:

Un projet de civilisation:

"… seul un projet de société et d’action politique différent dans ses fondamentaux du projet néo-conservateur et du projet socialiste peut répondre aux attentes de notre temps."  

"(ce) projet de société, j’irai même jusqu’à dire (ce) projet de civilisation, est irréductible aux deux projets qui, en France, tiennent aujourd’hui le haut du pavé."

A propos du "centre":

"il faut sortir de la seule désignation géographique, et nommer ce projet, non pas en référence à ses concurrents de droite et de gauche, mais lui donner son véritable nom, démocratie…"

Les quatre pilliers du projet démocrate:

"le projet démocrate repose sur une conception de la politique dans son rapport avec les citoyens, une conception de l’État dans son rapport à la société, une conception de la société et de sa hiérarchie des valeurs, une conception du monde dans son rapport à la politique."

Exigence civique:

"Le projet démocratique est d’abord un projet d’exigence civique. Il se fait du citoyen l’idée la plus haute et la plus exigeante."

"une politique de vérité, d’éducation civique générale, d’information et de formation, destinée à porter le citoyen au niveau d’un décideur."

"(la démocratie) ne peut s’imposer qu’au terme d’un combat, âpre, sans doute de longue durée, tant sont puissants les intérêts qui veulent le contrôle politique absolu de la société et paraissent irrésistibles les moyens de

gouverner l’opinion dont ils disposent."

"Pour protéger le citoyen de l’arbitraire, pour lui rendre à tout instant sa part de souveraineté, il faut le garantir contre un pouvoir forteresse, fermé sur lui-même, ne dépendant de rien d’autre que de la décision d’un seul, ou d’un seul groupe. Il faut que le pouvoir soit organisé de telle sorte qu’il protège aussi contre le pouvoir."

Séparation des pouvoirs:

"C’est si important aux yeux des fondateurs de notre démocratie qu’ils conditionnent à ce principe l’existence même d’une démocratie constitutionnelle."

"Le manquement de la France aux principes mêmes que ses plus grands penseurs ont contribué à définir est d’autant plus nocif que se font jour d’autres exigences de séparation des pouvoirs."

"ce n’est pas seulement d’accomplir la séparation des pouvoirs définie au XVIIIe siècle que nous avons besoin, mais d’en inventer une autre qui s’intéresse non seulement au politique en son sein mais aussi aux distinctions nécessaires entre le politique, l’économique et le médiatique."

"Il n’y aura pas de modernisation de la société s’il n’y a pas maturation des citoyens, débats ouverts, information libre et crédible. Il n’y aura pas crédibilité des gouvernants s’ils ne retrouvent pas la confiance des citoyens en étant obligés de leur dire la vérité."

L’Etat thaumaturge et la drogue centralisatrice:

La société française a un problème avec son État (…) La France s’est construite autour de son État. Et en retour elle a donné à son État des prérogatives, des compétences, des privilèges plus importants qu’aucun autre

pays non totalitaire au monde."

"Pour la France, l’État est un thaumaturge, pendant longtemps respecté et efficace, devenu impotent et débordé, mais qui prétend encore disposer de la magie de ses pouvoirs."

"ce recours universel à l’État est un frein considérable à l’équilibre d’une société."

"l’organisation uniforme et centralisée d’une société, dépendant d’un décideur unique, est en soi une erreur de conception."

"Le projet démocrate est porteur d’une redéfinition de l’État. Il choisit non pas de concentrer sur l’État la capacité d’action et la légitimité de la décision, mais au contraire de les répandre dans la société, d’y faire naître partout des organismes dotés de la capacité d’inventer, de créer, de faire naître de la solidarité, du lien, de l’innovation économique, sociale, démocratique. Il choisit chaque fois que nécessaire de donner à ces organismes vivants l’autonomie et la reconnaissance."

Les "biens supérieurs":

"ce qui a triomphé, à la surface de la planète, c’est non pas le libéralisme stricto sensu mais le principe d’inégalité croissante. L’inégalité croissante a été acceptée et choisie dans les décennies récentes, à partir du succès économique américain, comme moteur du développement des sociétés."

"ce principe heurte les valeurs fondamentales qui ont fait notre civilisation."

"dans une société où la reconnaissance ne va plus ni au soldat, ni au savant, ni au sage, ni au prêtre, ni au professeur, mais seulement à l’argent ou à sa variante le vedettariat, qu’il mène à l’argent ou qu’il provienne de l’argent, la vocation d’intérêt général, en dehors d’âmes d’élite souvent esseulée

s, se trouve vite asséchée."

"dans la hiérarchie des valeurs démocratiques, les valeurs matérielles sont considérées comme nécessaires, mais les valeurs naturelles, intellectuelles, culturelles, morales, spirituelles doivent être considérées comme supérieures : cette distinction et cette hiérarchie entre biens nécessaires et biens supérieurs forment un projet de société qui différencie le projet démocratique

des autres projets, en fait non seulement un projet de société mais un projet de civilisation."

Fédérer l’Europe:

"l’urgence est de construire les instruments d’une action politique capable d’imposer et non de subir l’ordre du monde."

"Une politique profonde et sérieuse de fédération des nations moyennes permettra seule la construction d’un monde équilibré, où les grands enjeux politiques pourront enfin être abordés par le concert des nations."

 

Néo-conservatisme:

"Le néoconservatisme considère l’opinion comme une masse à séduire, en mobilisant le cynisme des spin doctors, et tous ses zélateurs applaudissent lorsqu’on a réussi à mobiliser les réflexes qui la mettent en mouvement. Le mouvement démocratique la regarde comme un lieu de conscience en qui il convient d’investir de la confiance et de l’éducation."

"Le néo-conservatisme regarde les impératifs économiques et financiers comme premiers, considérant qu’il y a, dans le monde, des affaires à faire et que ces intérêts priment sur toute autre considération"

Socialisme:

"Le projet démocrate est gravement en contraste et en opposition avec le projet socialiste. C’est vrai d’abord sur la place de l’État et l’assimilation de l’État à la fonction publique."

Résister:

"On n’est jamais obligé de céder à l’inéluctable, car l’inéluctable n’est tel que par notre pusillanimité."

 

Commentaire

Du centre au projet démocrate: texte intégral

Photo: Anh. sur Flickr