Tag(s): Vidéo, Afrique, Corruption, Gabon, Coopération

Le grand retour de la “Françafrique”

15/04/2008 | 2 Commentaires

Nicolas Sarkozy s’est fait élire sur l’idée de "la rupture", concept vague où chaque électeur pouvait mettre ce qu’il voulait… S’il y a bien un domaine ou il n’y a pas rupture avec le passé, c’est bien celui de nos relations avec l’Afrique ou, plus exactement, de nos relations avec certains dictateurs africains…
Jean-Marie Bockel, "ministre d’ouverture" du gouvernement Fillon I, en charge de la coopération, l’a appris a ses dépends. Ses déclarations contre la Françafrique et contre le pillage des ressources pétrolières ont visiblement déplu. A Paris sans aucun doute. Mais également à Libreville ou le Président Bongo, grand ami de la France depuis 40 ans (!), a semble-t-il usé de toute son influence pour obtenir le départ d’un ministre décidément trop remuant…

Ci-après un reportage de Canal + ou Claude Guéant vient présenter le petit nouveau, Jean-Claude Jouyandet, au grand caïd de la Françafrique. Edifiant…

Lire également:

–> Corruption: intouchables dictateurs



Tag(s): Vidéo, Afrique, Corruption, Congo, Gabon, Coopération

Corruption: intouchables dictateurs

08/03/2008 | 2 Commentaires

La corruption des dirigeants africains est un fait connu, maintes fois dénoncé. Mais jamais sanctionné. Petite histoire d’une plainte classée sans suites. Merci à "café croissant" pour cette vidéo.

 

A lire également:

–> Dans les prisions de Mbuji-Mayi



Tag(s): Société

Vous avez dit “parité”?

07/03/2008 | Commenter »

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8 mars. Journée Internationale de la Femme.

Etat des lieux de l’égalité des sexes dans le monde en 2008: 

"Les femmes contribuent à deux tiers des heures travaillées à travers la planète, mais reçoivent un dixième des revenus mondiaux et possèdent environ 1 % des propriétés mondiales."

ONU - site de la journée de la femme 2008.



Tag(s): Afrique, Congo (RDC), Corruption, Justice

Dans les prisons de Mbuji-Mayi

28/02/2008 | 3 Commentaires

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Mbuji-Mayi, Zaïre, 1995 

J’ai habité quelques mois à Mbuji-Mayi, en 1995, au coeur du Congo (Zaïre). J’étais alors volontaire pour une ONG et travaillais avec les "refoulés du Shaba" (des réfugiés internes, fuyant les violences au  Katanga pour rejoindre leur région d’origine, le Kasaï).

J’y avais rencontré un jeune magistrat avec qui j’avais sympathisé. Nous avons ainsi plusieurs fois refait le monde, ou, en tout cas, le Zaïre, tout en buvant quelques "Skol".
Au cours d’une de ces discussions, il m’avait expliqué la situation catastophique de la prison: surpopulation, violences, aucune (absolument aucune) installation sanitaire, maladies.
Les familles des prisonniers devaient apporter de la nourriture à leurs proches incarcérés. Ceux qui n’avaient pas de famille n’avaient rien pour survivre. Ou alors devaient faire les gros bras pour s’approprier la pitance de leurs compagnons d’infortune.
Il ne leur fallait pas uniquement payer les repas du prisonnier… mais aussi le droit de leur apporter les repas.

Mon ami, le jeune magistrat, un peu idéaliste je dois dire, n’avait pas été payé depuis plusieurs mois. De toutes façons, son salaire (n’ayant jamais été réévalué malgré une inflation galopante) ne représentait plus guère que quelques dizaines de dollars… Mais alors comment vivre et faire vivre une femme et un bébé dans ces conditions?

Une seule solution: la corruption. Il m’avoua accepter d’ordonner la libération de détenus incarcérés contre quelques billets… Comme tous ses collègues après tout. Mais comme cette situation le choquait profondément, il s’était fixé des règles. Ne jamais libérer quelqu’un de dangereux. Favoriser les plus démunis (même s’ils payaient moins). Et toujours faire en sorte que ceux qu’il pensait innocents soient libérés au plus vite.

Il ne vivait pas très bien. Sans doute moins bien que certains de ses collègues. Mais, finalement, il rendait la justice à sa manière. J’avais trouvé qu’il y avait un certain panache chez ce petit fonctionnaire corrompu…

 

Mbuji-Mayi, République Démocratique du Congo, 2008

Le pays a changé de nom. Mais rien n’a changé.
Trouvé sur le site de la MONUC (mission de l’ONU en RD Congo):

"La situation de la prison de Mbuji Mayi, dans la Province du Kasaï Oriental est devenue catastrophique (…) Depuis le début de cette année, 17 détenus, dont 10 condamnés et 7 prévenus, ont trouvé la mort dans cette institution pénitentiaire pour cause de malnutrition, de famine et d’absence de soins de santé (…)
Les conditions de détention à la prison de Mbuji Mayi sont toujours exécrables. La prison est surpeuplée. Elle est crasseuse, malodorante et expose les détenus à des maladies comme la gale, les poux et les chiques. Conçue pour recevoir une centaine de prisonniers, elle compte aujourd’hui une population pénitentiaire de 397 personnes dont 386 hommes et 11 femmes.MONUC/21 février 2008

Lire également:

–> Congo: le viol d’une Nation
–> Baloji: un cri pour le Congo 

Photo: Julien Harneis sur Flickr (prison de Bunia, RD Congo)



Tag(s): USA 2008, Immigration

Obama-Clinton: quelle politique d’immigration?

23/02/2008 | déjà un commentaire

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Les Etats-Unis sont une terre d’immigration. Certes. Mais, aujourd’hui, avec environ 12 millions d’immigrés clandestins (les estimations varient en fait de 8 à 20 millions!), le sujet devient clairement un enjeu de campagne. L’accroissement de la population hispanique ne va pas sans poser de problèmes…

Un organisme très conservateur, USBC (pour un contrôle absolu des frontières) a mis en place une grille de notation pour les différents candidats: Hillary Clinton et Barack Obama obtiennent un score de 8% (et John McCain, un score de 18%). A comparer avec le score de Ron Paul (83%), qui fait figure de champion de la lutte contre l’immigration.

Les deux candidats démocrates sont donc perçus comme très ouverts sur ce sujet. Et leurs programmes sont finalement très similaires…

Hillary Clinton milite ainsi pour une réforme globale de la politique d’immigration des Etats-Unis. Ce projet qui est, selon elle, une de ses "priorités absolues", s’articule autour des idées suivantes:

  • Le renforcement de la sécurité aux frontières (la construction du fameux "mur" à la frontière américano-mexicaine),
  • La coopération trans-frontalière,
  • Une application stricte des lois sur l’immigration, mais dans le respect du droit des familles,
  • L’appui du gouvernement fédéral aux Etats,
  • Un renforcement des peines pour les employeurs de main d’oeuvre clandestine,
  • Une régularisation des immigrés déjà installés et ayant un travail .

Hillary Clinton précise qu’elle est opposée au programme de "guest workers" (une sorte d’immigration choisie à l’Américaine). Elle avait pourtant voté en faveur de ce projet en 2006; mais a apporté son vote à un amendement visant à retirer le visa "Y" (guest-worker) de la loi en mai 2007… Ah, les subtilités de travail parlementaire aux Etats-Unis!

Concernant la langue, elle s’est opposée à un projet de loi visant à faire de l’anglais la langue officielle des Etats-Unis; mais a soutenu un projet de loi prévoyant des aides accrues pour l’apprentissage de l’anglais.

Elle s’est également prononcée en faveur de l’extension de l’assurance-maladie (MedicAid) aux immigrés en situation irrégulière. 

Enfin, elle soutien fermement le DREAM Act, loi qui permet notamment (mais pas seulement) aux immigrés d’obtenir la nationalité américaine en échange d’une incorporation dans l’US Army…

 

Barack Obama a, comme il se doit, également un plan pour réformer la politique d’immigration: 

  • Sécuriser les frontières (également favorable au "mur" de séparation avec le Mexique),
  • Améliorer le système d’immigration: lutter contre les tracasseries administratives, augmenter le nombre d’immigrés légaux (donc: mesure de régularisation), préserver les liens familiaux et pourvoir à la demande de main d’oeuvre non satisfaite.
  • Limiter les incitations à l’entrée illégale sur le territoire: accroissement des sanctions contre les employeurs ayant recours à une main d’oeuvre clandestine,
  • Sortir les immigrés de la clandestinité: régularisation des travailleurs clandestins et possibilité pour eux de devenir, à terme, citoyens américains,
  • Travailler avec le Mexique pour favoriser le développement économique de ce pays.

Barack Obama, dans ses votes au Sénat, rejoint les positions de Hillary Clinton: contre l’anglais-langue officielle mais pour des incitations à apprendre l’anglais; pour le DREAM Act; pour l’accession à la citoyenneté pour les clandestins régularisés; pour le regroupement familial…

Sa singularité réside dans le fait d’avoir des propositions précises contre les tracasseries administratives auxquelles font face les immigrés. Il souhaite également que les frais de dossier pour l’accession à la nationalité soient plus raisonnables.

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme! 

Photo: Thomas Hawk sur Flickr 



Tag(s): Société, USA 2008

Obama-Clinton: les débats de société

 

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Contrairement à la vieille Europe où l’époque des grands débats de société semble dépassé, aux Etats-Unis, les thèmes comme la peine de mort, les ventes d’armes ou l’avortement continuent d’opposer de manière virulente (et parfois violente) les pour et les contre. Pourtant, ces sujets sont quasiment absents de la campagne des deux concurrents démocrates. Qui évitent sans doute de risquer de sa facher avec qui que ce soit… Sujets brulants.

Peine de mort

Barack Obama expliquait dans un article du Washington Post de février 2007, que la peine de mort "fait peu pour prévenir le crime". Il ajoutait toutefois qu’il était favorable à la peine capitale pour les actes les plus haineux.

Hillary Clinton ne fait pas plus référence au débat sur la peine de mort sur son site de campagne. Néanmoins, lors de sa campagne de 2000 pour le Sénat, elle avait exprimé publiquement qu’elle était favorable à la peine capitale (New-York Times - février 2000).

 

Mariage homosexuel

Les deux candidats démocrates se disent opposés au mariage homosexuel, mais favorables à un contrat d’union civile.

Toutefois, ils s’opposent sur la loi DOMA (Defense of Marriage Act): selon cette loi, adoptée en 1996, le gouvernement fédéral ne reconnaît pas les mariages homosexuels célébrés dans les Etats qui les autorisent. Ainsi, par exemple, les homosexuels légalement mariés au Massachusetts (où le same-sex marriage est entré dans la loi en 2002) seront toujours considérés comme célibataires par l’Etat fédéral et ses diverses administrations (entre autres, le fisc). Selon cette même loi, les Etats sont libres de ne pas reconnaître ces unions. Impossible donc pour un couple gay du Colorado d’aller se marier à Boston  dans l’espoir de bénéficier des avantages du mariage tout en restant vivre à Denver.

Pour Barack Obama, c’est simple: il faut revenir sur cette loi. Le mariage homosexuel célébré par un Etat s’imposerait donc en droit à l’ensemble des autres Etats.

Pour Hillary Clinton, il convient seulement d’amender la loi afin d’assurer une reconnaissance des unions homosexuelles au niveau fédéral tout en laissant la liberté aux Etats de les reconnaître ou non. Les couples homosexuels seraient donc reconnus notamment par le fisc au niveau fédéral; mais n’auraient pas gagné la reconnaissance de leurs droits par les Etats opposés au mariage gay.
 

Contôle des armes à feu
 

Pas de référence au "gun control" (lois restreignant l’achat des armes à feu) sur le site de Hillary Clinton. Toutefois, elle s’est plusieurs fois exprimée dans le passé pour une restriction sur les ventes d’armes et a voté en ce sens des lois (timides) au Sénat.

Barack Obama se déclare également un farouche opposant aux armes à feu. Jugez vous même: il propose que l’on ne puisse pas vendre plus d’une arme à feu par mois à une même personne… Révolutionnaire, non? Et , par ailleurs, il déclarait en décembre 2007 (au Weekly Standard) que "la tradition de posséder une arme dans ce pays doit être respectée". (Moi, je vous l’dis, y sont pas sortis de l’auberge!).

 

Avortement

L’avortement est de ces grands sujets de société qui divise profondément l’Amérique. Barack Obama et Hillary Clinton sont, comme il se doit pour des Démocrates, favorables à la défense du droit à l’avortement. Toutefois, il convient de noter, une nouvelle fois, que ni l’un ni l’autre ne font allusion à ce problème sur leur site de campagne…

Aux Etats-Unis, depuis 1973 et la décision de la Cour Suprême sur le cas Roe vs. Wade, l’avortement est légal. Les Etats ne peuvent s’opposer en aucune manière aux avortements intervenant lors du premier trimestre de la grossesse; ils peuvent encadrer légalement (sans les interdire) les avortements lors du deuxième trimestre; en revanche, ils peuvent interdire (et, en général le font) les avortements lors du troisième trimestre de grossesse.

Un point de divergence toutefois entre les deux candidats… Sur la question des "partial-birth abortions", ou des avortements de fin de grossesse (0,17% des cas d’avortements aux Etats-Unis mais 99,9% des débats sur le sujet en ce moment).

Tous deux se sont opposés à la "Partial-birth Abortion Act" de 2003, cette loi aboutissant à une restriction des droits à l’avortement y compris au cours du deuxième trimestre (ce qui correspond donc, pour les militants pro-choice, à un retour en arrière par rapport à l’arrêt Roe vs. Wade de 1973).

Toutefois, les deux concurrents expliquent leur vote de manière différente: Barack Obama s’y est opposé pour éviter toute remise en cause du droit à l’avortement (notamment dans le courant du deuxième trimestre).

Hillary Clinton, quant à elle, justifie son vote négatif uniquement parce que cette loi ne prévoyait pas d’exceptions. Pour certains militants pro-choice, elle aurait donc admis implicitement une remise en cause partielle des droits à l’avortement… (pour ma part, j’ai tendance à penser que ses opposants au sein du parti démocrate lui cherchent des poux dans la tête sur cette affaire…).

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme! 



Tag(s): USA 2008, Santé

Obama-Clinton: leurs propositions sur l’assurance-maladie

22/02/2008 | Commenter »

AMA

Barack Obama et Hillary Clinton sont favorables à une extension du système fédéral de proctection sociale en matière d’assurance maladie. De même, tous deux se sont opposés au "plan d’épargne santé" du Président Bush, voté en 2003 (Health Savings Accounts).

Ce sujet est un sujet de prédilection des Démocrates. Les systèmes actuels de protection sociale (Medicare/MedicAid) ont d’ailleurs été mis en place en 1965 par un Président Démocrate, Lyndon Johnson.

Toutefois, quelques initiatives intéressantes de socialisation de l’assurance maladie ont également été prises par des gouverneurs républicains (notamment Arnold Schwartzeneger en Californie et… Mitt Romney dans le Massachusetts).

Hillary Clinton

Hillary Clinton reprend des idées qu’elle avait déjà défendues dans son plan de 1993 (Bill Clinton l’avait alors mandatée pour proposer une réforme du système de santé qui avait été repoussée par le Sénat).

Son objectif est la mise en place d’un système universel, donc obligatoire (tout Américain doit être couvert): American Health Choices Plan.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un système à la française puisque le système public ne s’imposerait pas à tous mais viendrait compléter l’offre privée existante. Le dispositif public permettrait ainsi d’assurer ceux qui n’auraient pas les moyens de payer pour leur couverture-santé.

Il s’agit en fait d’une extension du système MediCare / MedicAid qui ne concerne à ce jour que les Américains vivant sous le seuil de pauvreté (ou les séniors).

Hillary Clinton prévoit en outre d’interdire aux compagnies privées de refuser des clients au vu de maladies préexistantes.

Son plan, très complet, prévoit également des crédits d’impôts pour permettre aux PME de proposer une couverture santé à leurs employés.

 

Barack Obama

Le plan sur l’assurance-maladie (Plan for a Healthy America) proposé par Barack Obama ressemble à s’y méprendre avec celui de Hillary Clinton (Aurait-il pompé le progrmme de sa concurrente?).

A une différence près (non négligeable): le système préconisé n’est pas à proprement parler "universel": l’assurance-maladie ne serait pas obligatoire (hormis pour les enfants).

Sinon, dans son projet, Barack Obama insiste plus que Hillary Clinton sur la réduction de coûts de santé, notamment par un accroissement des mesures de dépistage et de prévention.

 

Position sur les lois antitrust 

Un autre point important (mais plus méconnu) sépare pourtant nos deux candidats: leur position sur l’extension des lois antitrust au marché de l’assurance maladie.

Aux Etats-Unis,  patrie du capitalisme, de la libre-entreprise et de la concurrence, les sociétés ne peuvent bien entendu pas créer des ententes pour se partager le marché (ni géographiquement ni par des ententes sur les prix). C’est l’objet des lois antitrust.

Et, étonnemment, aux Etats-Unis, ces lois ne s’appliquent pas dans le domaine de l’assurance-maladie! Au Sénat, des Démocrates se sont donc élevés contre cette situation et ont rédigé une proposition de loi visant à rétablir les lois de la libre-concurrence et aider, ainsi, à faire baisser les primes d’assurance-maladie payées par leurs concitoyens.

Obama l’a signée. Pas Clinton. Ce qui ne signifie pas qu’elle y soit opposée. Mais il convient de constater qu’elle n’y fait pas non plus référence dans son plan, contrairement à Barack Obama.

 

–> Obama-Clinton: demandez le programme!